‘A’ comme Arthur, Anticyclone et Attente
  • Maxi Spindrift 2
07 juillet 2014

Après un mois de stand-by à Newport, la fenêtre de tir ne s’est toujours pas présentée. L’équipe de Spindrift racing est dans les starting-blocks pour s’attaquer au record New York-Cap Lizard (3j 15h 25 m). Pour l'instant, une conjugaison de facteurs météo impose à chacun de rester patient malgré l’envie d’y aller. Comme nous l’explique Yann Guichard, ces marins aguerris doivent accepter cette attente toujours particulière dansla vie d’un sportif de haut niveau. 

Imaginez, c’est un peu comme si une équipe de football, avant un grand rendez-vous de Coupe du Monde, entrait dans les vestiaires sans avoir la date du match. Nerveusement, il faut gérer. Certes, les marins du maxi-trimaran Spindrift 2 ont l’expérience et connaissent parfaitement les règles du jeu. Néanmoins, l’attente avant de tenter un record du niveau de l’Atlantique Nord est déjà une épreuve en soi.

« Même si on attend à la maison et pas sur le ponton, chacun reste en alerte, prêt dans sa tête à tout lâcher pour sauter dans un avion dès qu’il le faudra, » rappelle Yann, qui envoie tous les jours un message à ses équipiers pour les tenir informés de la situation sur le parcours. « Dona et moi, nous sommes logiquement encore plus focalisés sur la météo. Avec Erwan Israël, le navigateur du team, nous vivons au rythme des deux mises à jour quotidiennes des fichiers de prévisions américains et européens. Les premiers arrivent avant cinq heures le matin et, même s’il n’y a vraiment aucune fenêtre à l’horizon pour l’instant, nous sommes forcément happés par chaque nouvelle info météo qui tombe. Je sais que nous sommes fin prêts avec un très bon potentiel technique et sportif, mais on ne maitrise pas le paramètre météo. C’est ce qui rend les records si frustrants parfois mais aussi si beaux. En stand-by, tu as des moments de stress, et c’est normal pour un sportif avant une échéance comme celle-ci. D’autant que tu sais que quand ce sera l’heure d’y aller, sur l’eau, ça va être violent. »

Une route bloquée par trois facteurs. 
Au mois de juin, la présence de glaces dérivantes dans le courant du Labrador a constitué une première barrière ‘naturelle’. L’hiver rude a retardé la fonte des icebergs mais le problème se règle doucement. A l’heure actuelle, les grandes plaques de glace disparaissent que petit à petit des photos satellites.

L’autre obstacle aujourd’hui, c’est l’anticyclone des Açores, centré sur l’archipel éponyme, et étalé sur tout l’Atlantique Nord comme une montagne infranchissable. « Pour traverser dans des conditions de record, il faut partir en avant d’une dépression sur les côtes américaines, monter avec elle pour accrocher une seconde sur Terre-Neuve puis accélérer pour de bon. Il faut ensuite rester en avant du système qui ne doit pas nous rattraper ni s’affaiblir avant la ligne d’arrivée, » rappelle Erwan Israël. « Là, avec un anticyclone de cette superficie (3 000 km de large) et de cette puissance (1,036 HP), les dépressions n’arrivent pas à se frayer un chemin et nous non plus !»

Et enfin, l’inquiétude ces derniers jours est venue d’Arthur, ce cyclone très actif qui s’est formé à Miami avant de remonter le long de la côte Est américaine. Le 4 juillet, jour de fête nationale, des vents de 160 km/h ont touché la Caroline du Nord. « Heureusement, le cyclone s’est ensuite décalé au large et son centre est passé à 150 milles (300 km) du port de Newport, là où Spindrift 2 est actuellement en stand-by. En revanche, il perturbe l’ordre des systèmes sur la zone de New York alors que l’anticyclone pousse les dépressions au Nord et nous bloque le passage » ajoute Yann. « Nous ne sommes que début juillet et le stand-by se poursuit jusqu’à mi-août, il nous reste donc encore de la marge pour guetter, avec envie, une bonne fenêtre de départ ! »

Virtual Regatta, à vous de jouer !
En attendant de pouvoir suivre le vrai record, vous aussi défiez le chrono. Le célèbre jeu de régate virtuelle, qui porte les couleurs de Spindrift racing pour l’occasion, vous propose dès aujourd’hui et durant tout l’été de vous élancer – même plusieurs fois ! – sur ce record établi pour la première fois en 1905 par Charlie Barr et ses 50 équipiers. Ces pionniers avaient alors mis 12 jours ! Depuis, les plus grands skippers ont emprunté ce parcours mythique : Marc Pajot, Patrick Morvan, Philippe Poupon, Serge Madec, Steve Fossett, Bruno Peyron, Franck Cammas et enfin Pascal Bidégorry, l’actuel détenteur avec son chrono de 3 jours et 15 heures. Et vous ? Entrez aussi dans la légende ! Choisissez votre bateau et votre créneau météo. Restez à l'affut de la meilleure fenêtre pour tenter ce record jusqu'au 1er sept 2014 ou partez en même temps que Spindrift 2.

Rendez-vous sur www.spindrift-racing.com/atlantic/ et www.virtualeregatta.com et sur nos réseaux sociaux (FacebookTwitterGoogle+Instagram et YouTube).

En BREF : La tentative de records en équipage de Spindrift racing - saison 2014.
Record à battre en équipage : 3 jours 15 heures 25 minutes, 32,94 nœuds.
Record des 24 heures Zenith par Spindrift racing : 908 milles, 37,84 nœuds.
Détenteur depuis août 2009 : maxi-trimaran Banque Populaire V (désormais Spindrift 2) mené par Pascal Bidégorry et ses équipiers.
Parcours : 2 880 milles (5 333 km) entre le phare d’Ambrose à New York et le Cap Lizard, pointe Sud-Ouest de la Cornouaille en Angleterre.
Spindrift 2 : le plus grand trimaran de couses au monde (40 mètres), plan VPLP.
Skippers : Yann Guichard (FRA) et Dona Bertarelli (SUI).
Équipage : 14 personnes à bord sur ce record et un routeur à terre (l'équipage définitif sera confirmé au moment du départ.
Dates de stand-by : 3 juin – mi-août 2014.