La série Spindrift racing "40 mètres en solo" épisode spécial - 1ère partie : Collision avec un container !
  • Maxi Spindrift 2
23 août 2014

L’aventure de La Route du Rhum continue avec un épisode de 40 mètres en solo imprévu…

Vendredi 22 août, à la tombée de la nuit, alors que Spindrift 2 glissait au portant à mi-chemin entre Newport et La Trinité-sur-Mer, le safran de flotteur tribord du maxi-trimaran s’est cassé net sous la coque. L'origine : une collision avec un objet métallique, vraisemblablement un container, qui dérivait en plein Atlantique.

Malgré la violence du choc, personne à bord n’a été blessé et le bateau ne semble pas avoir subi d’autres dommages. En convoyage retour des États-Unis depuis le 18 août, Yann Guichard avait envisagé de s’arrêter aux Açores pour débarquer ses équipiers afin de rallier la Bretagne en solitaire dans le cadre de sa préparation pour La Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Suite à cette avarie, le trimaran est contraint de naviguer à vitesse réduite et fait donc route vers le port d’Horta. Capitale de l’archipel portugais sur l’Ile de Faial, Spindrift 2 est attendu au port ce dimanche, dans la matinée.

Mobilisée immédiatement après le choc, l’équipe technique de Spindrift racing est en train de tout mettre en œuvre pour permettre au bateau de reprendre la mer au plus vite. Le safran de remplacement va rejoindre les Açores par avion avec plusieurs techniciens afin de changer la pièce.


Percuter un cétacé, un iceberg ou tout objet dérivant à bord d’un multicoque de carbone lancé à plus de 25 nœuds représente une réelle épée de Damoclès pour les marins tant les conséquences peuvent être dramatiques. Toucher un container en pleine mer est désolant mais arrive malheureusement de plus en plus souvent et en dit long sur l’état des océans à notre époque. Yann Guichard et ses hommes mesurent à quel point les dégâts engendrés par cette collision auraient pu être beaucoup plus graves et se concentrent sur l’avenir.



Yann Guichard, joint par téléphone à bord de Spindrift 2 : 



« Vendredi en fin de journée, Spindrift 2 glissait au portant sous gennaker à 25 nœuds de moyenne sous pilote automatique quand, d’un seul coup, nous avons subi un choc violent, accompagné d’un fort bruit métallique. En un instant, la vitesse a chuté à 8 nœuds ! Heureusement que tout le monde était bien accroché dans le bateau. Étonnamment, c’est le safran au vent qui a cassé alors que c’est celui qui était hors de l’eau puisque que nous étions tribord amure. Avec le mouvement de balancier naturel du bateau, il a dû toucher un container à fleur d’eau et a cassé. A l’image d’un fusible, la pièce est faite de telle manière qu’elle se brise nette sous la coque, laissant la mèche intégralement dans le flotteur sans que le choc n’abîme autre chose sur le bateau. C’est conçu comme ça et le système a fonctionné. Dans notre sport mécanique qui se pratique en mer, le risque de percuter quelque chose existe en permanence, on le sait. Il faut savoir l’accepter, y être préparé et aller de l’avant quand ça arrive. L’équipe est organisée pour réagir à ce type de problème. Nous avons eu beaucoup de chance que personne ne soit blessé, ni que le bateau ne soit plus endommagé. Un équipier est allé inspecter l’intérieur du flotteur qui semble intact, à première vue. Nous attendrons d’être à quai pour mieux expertiser l’ensemble et savoir s’il faut ramener le bateau à La Trinité en équipage ou si je peux terminer en solitaire.

En tout cas, ces derniers jours de mer se sont révélés extrêmement positifs en terme de conduite du bateau en mode solo. J’ai manœuvré et barré seul depuis le départ de Newport et acquis une grande confiance dans les pilotes automatiques. Cette avarie est un contretemps dans notre préparation, mais ne remet absolument pas en cause le programme sportif de Spindrift racing. Les équipiers participeront comme prévu au Grand Prix D35 le week-end prochain et moi, j’entre de plus en plus dans La Route du Rhum et ma peau de skipper solitaire. »