Le Mont-Blanc en préambule du Trophée Jules Verne
  • Ecurie
18 octobre 2018

A quelques semaines du début du stand-by du Trophée Jules Verne, le team Spindrift s’est isolé à plusieurs milliers de mètres d’altitude pour relever collectivement un dernier défi avant d’attaquer celui du tour du monde. Lors d’une préparation exceptionnelle de quatre jours dans les Alpes, l’équipage du maxi trimaran, accompagné de Dona Bertarelli, a gravi le Mont-Blanc par la voie historique de Saint Gervais. Une ascension inédite et vécue avec beaucoup d’exaltation par tous, resserrant un peu plus les liens entre les navigants à chaque mètre ajouté vers le sommet et renforçant l’esprit d’équipe si cher à Yann Guichard et Dona Bertarelli depuis la création de Spindrift racing.

 Le cadre peut paraître inaccoutumé pour des marins plus habitués aux eaux instables du globe et pourtant tous en rêvaient. Gravir le Mont-Blanc était dans la liste des défis à accomplir de chaque membre du team Spindrift. Aussi, à l’instar d’un record vélique, l’équipe s’est dans un premier temps consciencieusement préparée lors de deux journées d’acclimatation. Sur les conseils d’une excellente équipe de guides de haute-montagne réunie par Eric Loizeau, ils se sont familiarisés avec le matériel d’alpinisme sur des terrains variés allant jusqu’à tester leurs piolets sur une paroi de glace et leurs crampons sur des dalles gelées.  

Le lendemain, c’est au petit matin que les marins-montagnards ont allongé leur première foulée vers le glacier de la Tête Rousse puis vers le Refuge du Goûter. Une première ascension de plus de 2 000 mètres de dénivelé gravit dans des conditions météorologiques optimales mais au prix d’un premier effort physique. Un avant-goût de ce qui les attendait le jour suivant.
Après une courte nuit de repos, l’équipe crampons aux pieds s’élançait sur le dernier tronçon vers le toit de l’Europe. Loin d’être une promenade de santé, la montée est sportive et délicate. Chaque cordée composée d’un guide et d’un binôme d’équipiers (ceux des quarts pour la tentative du Trophée Jules Verne) monte à son rythme, longe des crêtes dont certains sommets contiennent tout juste la largeur de deux pieds joints et escalade murs de glace et crevasses. L’effort est intense mais le plaisir pris lors de cet ascension est proportionnel à la beauté du paysage qui les entoure. Vint ensuite la longue descente vers Saint-Gervais où le mental prend alors le relai sur le physique.

De l’avis de tous, cette montée à 4 810 mètres fut une superbe aventure humaine et pour beaucoup le plus difficile exercice physique qu’ils aient eu à vivre. « Si la mer et la montagne semblent avoir pas mal de similitudes, il n’en est rien de la voile et de l’alpinisme » annonçait Yann Guichard à son arrivée au pied du Mont-Blanc. « C’est un sport très extrême où il n’y a pas de place pour la moindre erreur. La gestion du risque est primordiale, j’en suis d’autant plus conscient en tant que chef d’équipe, comme je suis admiratif et respectueux du groupe de guides qui nous accompagnaient. Avec eux, rien n’a été laissé au hasard que ce soit dans le choix des équipements ou des chemins pris. »

Mais plus qu’un défi sportif c’est aussi l’alchimie et la cohésion du groupe que Yann Guichard a voulu confirmer lors de cette ascension et de citer Dona pour qui « être une équipe, c’est pouvoir compter les uns sur les autres, s’entraider, accepter d’avoir des hauts et des bas mais s’attacher à trouver l’équilibre pour réussir ensemble. C’est ce que nous avons fait lors de cette ascension et ce en vase clos, dans des conditions proches de ce que nous allons vivre à bord de Spindrift 2 à savoir un confort minimal et des moyens de communication très limités. Ce changement de décor a été bénéfique pour tous et m’a conforté dans les choix de cet équipage prêt à vivre ensemble cette nouvelle tentative de record autour du monde. »

De retour en Bretagne, l’équipage dont la composition sera annoncée prochainement, retournera rapidement à l’entrainement avant d’entrer officiellement en stand-by en attente d’un créneau météorologique favorable pour s’élancer sur le parcours du Trophée Jules Verne.