Retrouvez les messages reçus de Spindrift 2 pendant la Rolex Fastnet Race 2015
  • Maxi Spindrift 2
17 août 2015

Mardi 18 août - 20:30 : message de Dona Bertarelli, co-skipper de Spindrift 2 

3ème et dernier jour de course.

Ce troisième jour de course a été marqué par le manque de vent. Une mer d’huile, d’une couleur surprenante pour cette région, un vert émeraude tel un lac de montagne nous a accompagné toute la journée.

Nos amis les dauphins toujours présents, au grès de leurs humeurs, venant jouer dans nos étraves. Et puis un poisson lune passe entre deux flotteurs se laissant bercer par le léger sillage laissé par Spindrift 2.

Ce paysage féerique ne nous laisse cependant aucun répit. Au loin, et puis parfois dangereusement plus près, la silhouette du trimaran Prince de Bretagne est là, impassible, toujours à l’affût.

Nous naviguons de risée en risée tels deux enfants jouant au chat et à la souris. Parfois on garde notre avance et parfois il nous rattrape. A ce jeu nous sommes pour le moment encore les meilleurs mais rien n’est joué.

L’arrivée se profile dans 70 miles nautiques et la nuit va tomber. Cela compliquera le travail des 2 équipes mais c’est aussi l’opportunité d’échapper à la surveillance de l’autre.

Une nuit noire sans lune qui apportera son lot de surprise jusqu’à l’arrivée à Plymouth.

Dona

Mardi 18 août - 11h00 : message de Yann Riou, mediaman de Spindrift 2 

Panne de vent en mer celtique.

Depuis notre passage au Fastnet hier dans l’après-midi, Spindrift 2 tente de se frayer un chemin au travers de la mer Celtique, tirant profit de chaque souffle d’air, dans un vent erratique qui ne cesse de nous faire défaut.

Les vitesses à bord de Spindrift 2 ont rarement dépassé les 10 noeuds, ce qui est assez inhabituel sur ce bateau. Un croisement en début de nuit avec Rambler, en tête de la flotte des monocoques nous rappelle que nous ne sommes pas les seuls à souffrir de ce manque de vent.

Alors on prend notre mal en patience et on fait avec ce que l’on a. Nous avons pu à la faveur d’une petite brise éphémère reconstruire un petit matelas d’avance sur nos concurrents, mais nous restons à la merci du moindre souffle qui pourrait rapidement les propulser à notre hauteur, voire même devant.

Difficile de prévoir une ETA dans ces conditions, mais on imagine accélérer un peu dans la journée, pour une arrivée la nuit prochaine.

Bonne journée,

Yann

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Lundi 17 août - 23h00 : message de Dona Bertarelli, co-skipper de Spindrift 2

Passage du Fastnet à mi-parcours.

Comme redouté, au passage du Fastnet, un nouveau début de course nous attend. Notre heure d’avance sur le MOD70 Phaedo et le trimaran de 80 pieds Prince de Bretagne fond comme neige au soleil en cette fin d’après-midi.

Les deux bateaux sont bien en vue, juste sous notre vent, à quelques milles derrière nous. Un vent léger de 6 nœuds nous pénalise. Ce ne sont pas des conditions avantageuses pour Spindrift 2 construit pour une météo bien plus tonique. La nuit s’annonce une fois de plus studieuse et tactique pour les marins du bord. Cependant le spectacle est à la hauteur de nos attentes.

Tout d’abord, l’approche du mythique rocher et de son phare se fait sous un ciel bas et gris. Alors que nous apercevons enfin, au loin, se distinguer la silhouette fantomatique du Fastnet, une baleine vient saluer nos efforts.

Ce sera ensuite le tour des quelques spectateurs qui bravent les conditions dans leurs embarcations pour venir applaudir les marins au passage de ce mythique ‘caillou’.

La vue est imprenable. Le phare majestueux trône sur un rocher peu invitant mais d’une rare beauté. Les cormorans, seuls habitants de cet îlot, ne semblent guère apprécier le dérangement.

Nous quittons ce moment magique, certes dans peu de vent, qui nous rappelle sans cesse l’avancé de nos poursuivants, escortés par des dizaines de dauphins qui nous tiendront compagnie jusqu’au couché du soleil.

Il est l’heure de faire chauffer l’eau pour cuire notre plat lyophilisé. Ce soir, à dîner, ce sera paella. Pas très typique pour la mer d’Irlande. Olé !

Dona

Lundi 17 aout – 10h30 : message du matin de Yann Riou, mediaman de Spindrift 2

Petit matin au Cap Lizard,

La nuit a été studieuse. Les conditions de petit temps que nous rencontrons ne sont certes pas les plus courantes lors d’un tour du monde mais elles ont le mérite de mettre en valeur nos atouts et nos faiblesses face aux trimaran MOD70, particulièrement véloces dans ces petits airs.

Alors nous avons pu nous jauger, face notamment à Oman Sail en début de nuit. Et c’était serré. Puis le vent a adonné et s’est renforcé petit à petit, nous permettant de dérouler notre gennaker et de prendre quelques distances avec la flotte de multicoques.

La Rolex Fastnet Race fait suite à un chantier d’hiver dense et cette course est aussi une manière de valider les modifications apportées à Spindrift 2 dans sa configuration Trophée Jules Verne.

Pas de mauvaise surprise jusqu’ici et un équipage heureux de se retrouver dans ce qui sera probablement sa seule course de la saison, avant de se mesurer seul face au chronomètre.

Bonne journée,

Yann

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Dimanche 16 août : message de Dona Bertarell, co-skipper de Spindrift 2i

Arrivée à l’aube pour Spindrift 2 et son équipage ce matin aux Needles. Pas encore de bateau en vue sur le plan d’eau de cette 90ème édition de la Rolex Fastnet Race 2015 qui compte une participation record de 375 bateaux.

Nous avons été accueillis par l’équipe technique de Spindrift racing avec des croissants. Une attention agréable après deux jours de convoyage depuis la Trinité-sur-Mer, notre port d’attache breton.

Très vite, un défilé de bateaux rejoint le Solent, tous équipés des voiles orange de tempête et du matériel de sécurité nécessaire à présenter lors du pointage réglementaire.

Le vent est inexistant et le courant contre nous. Notre principale préoccupation est de positionner Spindrift 2 au bon endroit avec le bon angle et assez de vent dans nos voiles afin de manœuvrer ces 23 tonnes dans l’étroit 'Solent Channel'.

A midi pile, le coup d’envoi est donné par le Royal Ocean Racing Club avec ses traditionnels coups de canon. Le MOD70 Phaedo part en tête, suivi de prêt par notre équipage noir et or. Nous devrons attendre jusqu'au passage des Needles où le vent a forci, pour prendre la tête de la flotte.

Nous nous dirigeons maintenant vers le Cap Lizard à 8 nœuds dans un vent de Nord-Ouest, au coude à coude avec Oman Sail, notre plus proche adversaire.

La nuit est noire et sans lune, l’air frais. L’équipe de quart est à l’affut. La nuit va être longue.

Dona