HORN, SWEET HORN
  • Maxi Spindrift 2
22 décembre 2015

Après avoir rasé le mythique cap Horn ce mardi matin à 9h 09’ (heure française), Spindrift 2 engrangeait donc une avance de plus d’une demie journée par rapport au détenteur du Trophée Jules Verne. Il a entamé dès lors sa remontée de l’Atlantique au louvoyage pour passer par le détroit de Le Maire en milieu d’après-midi. Le vent modéré et contraire a sensiblement ralenti la progression du trimaran noir et or, mais les conditions météorologiques vont se muscler dès demain…

UNE DEMIE JOURNÉE D'AVANCE AU CAP HORN

Après le passage du cap Horn avec 18h 11’ d’avance sur le détenteur du Trophée Jules Verne, Dona Bertarelli, Yann Guichard  et leurs douze équipiers ont pu bénéficier d’une petite pause avec un vent de secteur Nord perturbé par la proximité des côtes escarpées de l’Argentine et par les courants importants qui sévissent entre le Pacifique et l’Atlantique. Mais une fois paré le détroit de Le Maire (entre la Terre de Feu et les îles des États), c’est de nouveau en plein océan que Spindrift 2 va pouvoir exprimer sa puissance. Car dès mercredi, une dépression en formation va permettre d’allonger la foulée au portant en laissant les îles Malouines (Falkland) à tribord, et ce jusqu’à la latitude de l’Uruguay... Ensuite, la position de l’anticyclone de Sainte-Hélène déterminera s’il est possible d’atteindre l’équateur plus rapidement que Banque Populaire V en 2011 : 7j 04h 27’ !

Survol de Spindrift 2 par un avion de reconnaissance de l'armée chilienne.

Ce matin, Yann Guichard, skipper de Spindrift 2, livrait ses impressions au passage du cap Horn qu’il voyait pour la première fois de sa carrière : 

« Mon plus beau souvenir sera d’avoir passé ce cap Horn sous le soleil, avec 15 nœuds de vent et une mer plate : on a eu le temps de l’apprécier car on a longé toute la côte… Franchement, c’était fantastique. Dona a parlé avec le gardien du phare, c’était vraiment un moment sympa : tout le monde était réveillé et sur le pont. Cela marque un mois d’aventure qui s’est bien passé. » 

« Mon objectif depuis le départ de Ouessant était d’arriver au cap Horn dans les temps de Banque Populaire V : c’est chose faite, maintenant c’est la météo qui va décider. Mais on a déjà fait un beau parcours : je suis ravi de mon équipage et de l’ambiance qu’il y a à bord, c’est vraiment top ! »
 
« C’est unique dans une vie d’aller voir ce caillou au bout du monde après trente jours de plaisir partagé en mer. Nous étions entourés d’oiseaux tout l’Indien et le Pacifique… On a vu des albatros mais pas la grande houle. Sinon j’ai un stress matériel continu car je sais que si on finit, on sera dans les temps. C’est vraiment la gestion des hommes et de la machine qui me préoccupe au quotidien : c’est fatigant, mais aussi sympa. »  
 
« On va essayer d’attraper une dépression dans 30 heures qui va nous amener jusqu’en Uruguay où, j’espère, il y aura un anticyclone à gérer. Des conditions pas faciles en Atlantique Sud, mais c’est souvent le cas. Nous n’irons pas aussi vite que Banque Populaire V qui avait fait une trace presque rectiligne. Pour nous, ça va être plus compliqué mais il faut déjà sortir du détroit de Le Maire pour y voir un peu plus clair. » 

« Nous sommes dans les temps du record et j’espère que ce sera toujours le cas à l’équateur. On aura surement perdu du terrain mais j’espère qu’on pourra encore essayer de le battre quoi qu’il arrive, mais ça va être vraiment serré jusqu’au bout… »
 
Dona Bertarelli, devenue elle aussi « cap Hornier » évoquait avec émotion ce moment important pour tout l’équipage de Spindrift 2 après 30 jours de mer : 

« C’était fantastique, j’avais le souffle coupé par la beauté du paysage, au lever du soleil, sous un ciel bleu, dans 15 nœuds de vent à glisser le long des côtes. Tout était simplement parfait. On est toujours sur une mer plate dans un peu moins de 12 nœuds de vent, mais on s’attendait à de telles conditions. »

« On vient de passer trois semaines dans des mers du Sud hostiles. Il y a eu des moments difficiles. L’équipage fait un super travail et on est vraiment content de nos performances. Je ne garderai en mémoire que les meilleurs souvenirs. Au départ, on était vraiment contents qu’IDEC parte en même temps que nous, ça nous semblait incroyable d’avoir deux bateaux autour du monde. C’était aussi rassurant de savoir qu’en cas de problème dans les mers du Sud, il y avait des amis non loin de là. Mais pour tout vous dire, c’est en réalité un peu stressant, ça vous rajoute un concurrent dont il faut s’inquiéter. Forcément, on garde un œil sur ce qu’ils font. »

VIDÉO : PASSAGE DE SPINDRIFT 2 AU CAP HORN | PRISES DE VUE DU DRONE