Out of the classroom
Nous sommes aux Antipodes !

 

 

Par  Dona Bertarelli

Je tiens à remercier toutes les écoles partenaires, en France comme en Suisse, et les quelques 2'000 élèves qui nous suivent. Autant que possible, je vais répondre à vos nombreuses questions tout au long de ce voyage autour du monde, où l’on va ensemble, découvrir les merveilles de notre monde.
Avec tout l'équipage de Spindrift 2 et au fil de nos observations, de nos rencontres avec la faune marine mais pas seulement, les îles et péninsules qui croiseront notre route, les phénomènes climatiques, les oiseaux et les étoiles qui nous accompagneront tout le long de notre route, nous vous ferons vivre l’aventure tel Phileas Fogg dans le livre de Jules Verne. 

 

 

Nous sommes aux Antipodes !

Expression bien connue pour dire que nous sommes à l’opposé, et bien, nous le sommes plus que jamais ! Nous venons tout juste de passer à six miles nautiques au large de l’île des Antipodes.

Cet archipel constitué d’une île principale et de plusieurs îlots fait partie du patrimoine mondial de L’UNESCO, tout comme les autres îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande.

Pour ceux qui l’ignorent, la Nouvelle-Zélande est un précurseur en matière de protection de sa flore et sa faune. Plus de 20% de son territoire sont des parcs nationaux, forêts ou réserves. Pionniers au travers de la restauration écologique des îles, le Department of Conservation met en place des programmes pour systématiquement enlever les espèces introduites par l’homme (chèvres, chats, rats) pour ensuite réintroduire des espèces natives, et ce, afin de protéger et reconstituer un héritage biologique unique.

Les programmes de protection marine sont tout aussi importants. En 1977, la Nouvelle-Zélande a été le premier pays à établir une réserve marine. Aujourd’hui, elle en compte 45, la dernière en date annoncée à l’Assemblée Générale des Nations Unis le 29 Septembre 2015, est celle des Kermadec d’une superficie de 620 000 km2.

« Il s’agit de l’une des régions où la diversité est la plus riche au monde sur les plans géographiques et géologiques », a déclaré le premier ministre néo-zélandais John Key.

Cette zone où la pêche et l’exploitation minière sont désormais interdites, se trouve sur le plus long arc volcanique sous-marin au monde et sur plusieurs fosses océaniques parmi les plus profondes de la planète. Ce gigantesque sanctuaire marin est enfin un havre de paix pour des milliers d’espèces tels que baleines, dauphins, tortues ou oiseaux marins.

Nous naviguons actuellement bien plus au Nord que la réserve marine des Kermadec, mais l’île des Antipodes est, elle aussi, protégée. C’est une réserve naturelle dont l’accès est restreint.  On y trouve cependant un dépôt de vivres pour naufragés, tant les naufrages y sont courants.

Elle fut découverte en 1800 par Henry Waterhouse, capitaine du navire britannique HMS Reliance. Elle porte ce nom car elle se trouve aux antipodes,  c’est-à-dire diamétralement à l’opposé de Londres en Angleterre.

En 1886, la découverte de poteries polynésiennes enfouies sous 75 centimètres de terre, porte à penser que l’île fut visitée bien avant le navire britannique. 

En 1803, le beau-frère du capitaine, Georges Bass, obtient le monopole pour la pêche et la fourrure d’otaries tant recherchées à l’époque. Parti de Sydney, Bass ne sera jamais plus revu.

En 1893, une tentative d’implanter du bétail sur l’île échoue avec le naufrage du navire Spirit of Dawn au large des côtes de l’Archipel. Onze membres de l’équipage survivent sur l’île pendant 87 jours en mangeant des moules, des racines et des Puffins, oiseaux marins proches de l’albatros, sans savoir que de l’autre côté de l’île se trouvait un dépôt de vivres bien approvisionné. Ce dépôt fut utilisé à maintes reprises, en 1908 par l’équipage du Président Felix Faure échoué à Anchorage Bay, et encore récemment en 1999, lors du naufrage du yacht Totorore.

L’île des Antipodes est effectivement peu accueillante. Elle nous est apparue sous un ciel bas et bruineux. Hauts de 400 mètres, ses bords sont abrupts et ses falaises semblent protéger le site de tout débarquement. Nous passons notre chemin, accompagnés de plusieurs oiseaux, dont des couples d’Albatros, qui règnent en maîtres absolus et gardiens de ces terres inhabitées.​