Out of the classroom
L'océan et les changements climatiques

 

 

Par  Dona Bertarelli

Je tiens à remercier toutes les écoles partenaires, en France comme en Suisse, et les quelques 2'000 élèves qui nous suivent. Autant que possible, je vais répondre à vos nombreuses questions tout au long de ce voyage autour du monde, où l’on va ensemble, découvrir les merveilles de notre monde.
Avec tout l'équipage de Spindrift 2 et au fil de nos observations, de nos rencontres avec la faune marine mais pas seulement, les îles et péninsules qui croiseront notre route, les phénomènes climatiques, les oiseaux et les étoiles qui nous accompagneront tout le long de notre route, nous vous ferons vivre l’aventure tel Phileas Fogg dans le livre de Jules Verne. 

 

 

J’aurais aimé pouvoir participer il y a quelques semaines à la COP21 à Paris, écouter les différents débats, échanges et annonces qui ont été faits sur les changements climatiques et le rôle essentiel que joue l’Océan pour réguler notre climat. C’est la première fois que l’océan a été invité à la table des négociations. La première fois aussi que nos leaders et politiciens ont reconnu le rôle central que joue l’océan pour réguler notre atmosphère. Nos océans recouvrent 72 pourcent de notre planète et détiennent les clefs de notre climat.
 
Cette conférence restera historique et pour cela, il m’a paru essentiel d’en parler. J’ai donc demandé tout naturellement à Lisa SPEER, Directrice de l’International Ocean Program au Natural Resources Defense Council, de partager sa vision sur les liens qu’entretiennent l'océan et le climat.

"L'océan et les changements climatiques" par Lisa Speer

Les historiens parleront certainement de décembre 2015 comme un véritable tournant dans l’Histoire, puisque c’est à cette date que les dirigeants de 196 pays ont signé un nouvel accord international sur le climat. Ce nouvel accord ne résoudra pas entièrement les effets néfastes des changements climatiques mais il ouvre des perspectives positives et solides. Un nouveau palier a été franchi.

La conférence, qui a eu lieu à Paris, a aussi été le lieu d’un changement historique concernant l'océan. Contrairement aux précédentes négociations climatiques, des dizaines de sommets et de forums de haut niveau ont tous souligné la relation indissociable entre l'océan et le climat. Le Prince Albert II de Monaco, Sir Richard Branson, le Dr Sylvia Earle et beaucoup d'autres personnalités se sont exprimés de manière convaincante sur la nécessité de régler les problèmes de niveau de CO2 dans l'atmosphère afin de résoudre ceux que rencontre l’océan. Ces difficultés comprennent l’élévation du niveau de la mer, la réduction de l'étendue et de l'épaisseur de la glace de mer arctique, la hausse des températures de l’eau, le changement de la circulation océanique et la baisse de la disponibilité des nutriments.


©Yann Riou | Spindrift racing

De plus, l’océan a déjà absorbé environ 1/4 du dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère. Lors de sa dissolution dans l’eau de mer, le CO2 réagit pour former un acide carbonique, qui réduit le pH de l'eau de mer et les minéraux de carbonate ; des composantes importantes pour les coquillages et le corail. De nombreux organismes à coque sont menacés, de la plus petite espèce planctonique à coque au bas de la chaîne alimentaire jusqu'aux palourdes, aux huîtres et aux coraux. Des travaux effectués en laboratoire ont montré qu’une eau acidifiée a des effets alarmants sur l’eau de mer – les calmars deviennent léthargiques, les embryons de krill ne se développent pas et les poissons des récifs ne parviennent plus à détecter leurs prédateurs.  

Les effets combinés du réchauffement et de l'acidification sur l’océan affectent la survie, la répartition géographique, l'abondance et les habitudes migratoires de la faune marine. En conséquence, cela menace à son tour la pêche, l'aquaculture, le tourisme côtier et la santé globale de l'océan. Nous commençons à peine à saisir l’étendue des dégâts liés à l’acidification de l’océan.

En raison de l'attention toute particulière portée à l'océan, avant et pendant la conférence de Paris, une référence à l'océan pourtant absente des versions précédentes de l'accord qui avait circulé cet automne, a été ajoutée lors de la phase finale des négociations. Cela ouvre des perspectives pour bien comprendre l'impact des émissions de CO2 sur l'océan. C’est un message d’espoir qui arrive à point nommé pendant ces périodes de fêtes.

Lisa SPEER, Directrice de l’International Ocean Program au Natural Resources Defense Council