Jour 1
22 Novembre

17h40
GMT

Dona : "On arrive à la hauteur du Cap Finisterre dans une heure. Toujours la même chose le vent du Nord oscillant entre 25 et 35 nœuds dans les grains et un ciel de traine. On a fait une traversée express du Golfe de Gascogne en 12h au portant. On va maintenant au devant de conditions un peu plus calmes mais toujours rapides. Un long bord de portant qui nous emmène jusqu’au Pot au Noir."


Yann Riou / Spindrift racing

14H30
GMT
 

Joint en direct par la radio française RMC, le skipper de Spindrift 2 décrit la navigation au large du Cap Finisterre (Espagne) : "ça y'est, le vent a bien forci. Nous avons 38 à 40 noeuds de Nord, de la mer et, là, pendant que je vous parle, nous marchons à 43 noeuds de vitesse, c'est bien intense à bord."


Yann Riou / Spindrift racing

#Onboard #Spindrift2 | First day of sailing for the crew | #Day0 #JulesVerneTrophy pic.twitter.com/lFtfHN9b2F
— Spindrift racing (@spindriftracing) November 22, 2015

11H35
GMT

Paroles dans la nuit - quelques morceaux choisis des mots des marins, hier, avant de quitter le quai :

Xavier Revil, barreur-régleur, responsable de la vie du bord et actuel détenteur (vainqueur en 2012) : « Cela fait un mois que nous sommes en stand by donc nous avons eu le temps de nous reposer, de peaufiner dans le détail la préparation du tour du monde et de sentir le départ arriver tranquillement. Pour moi, cela fait aussi quatre ans jour pour jour après la tentative de Banque Populaire V donc c’est vrai que je sais un peu où je vais. Je sais ce qui m’attend mais j’ai toujours une très grande envie d’y aller. Naviguer sur Spindrift 2 est tellement exceptionnel. Ce bateau est taillé pour les mers du Sud et aller vivre ça ; je sais que ce sera magique une deuxième fois. »

Sébastien Audigane, barreur-régleur, quatrième tentative de Trophée Jules Verne, détenteur entre 2005 et 2010 (Orange II) : « Je suis content de partir de Brest parce que c’est ma ville natale. J’ai plein de copains qui sont venus, c’est sympa. On a des belles conditions qui s’annoncent avec un beau temps à aller chercher à l’équateur. On a un super bateau, une belle équipe et ça va être que du bonheur. »

Yann Riou, mediaman, troisième tour du monde mais premier Jules Verne : « Je me sens impatient. Il y a un peu de trac quand même, ce n’est pas anodin de partir faire le tour du monde. Avant de quitter le quai, ce sont des minutes un peu spéciales, en plus de nuit, il commence à faire froid, c’est le début de l’hiver, il y a plein de choses qui font que ce n’est pas une soirée comme les autres ! »

Antoine Carraz, barreur-régleur et responsable du bureau d’études et du ‘shore team’ de Spindrift racing : « Je me sens bien. Cela a été une grosse année de préparation pour en arriver là. On a hâte de partir et de couper la ligne à Ouessant pour attaquer ce tour du monde. Je suis dans l’équipe depuis le début du projet donc c'est aussi un peu l'aboutissement de tout le travail qui a été réalisé sur ce bateau et de toutes les navigations faites jusqu’ici. Vivre 45 jours loin de tout, ça amène peut-être à se poser plus de questions et à réfléchir à des choses que l'on n’a pas le temps de se poser à terre. Même si le rythme sera effréné, on aura parfois le temps de se poser et de penser à autre chose qu'au bateau. »

Sébastien Marsset, équipier d’avant, deuxième tour du monde, premier Trophée Jules Verne : « Le départ n’est jamais un moment facile psychologiquement. Il faut se mettre dedans, entrer dans le record. Comme nous avons eu du temps d’attente chez nous, il faut réussir maintenant à s'arracher un peu à cela pour partir sur l’eau. Je me sentirai mieux une fois vraiment parti. C'est un challenge sportif, collectif, mais aussi un peu personnel où quelque part, on part repousser ses limites. Personne n'est capable de dire aujourd'hui ce qui va se passer dans les jours à venir et quelle histoire nous allons vivre. On va tous prendre beaucoup d'expérience mais aussi partager ce moment là, avec les hauts et les bas. »

8H48
GMT

Message du bord de Dona :

"J'ai commencé mon quart avec 42 nœuds en force de vent et le bateau file lui a grande vitesse, jusqu'à 45.27 nœuds, flashé au compteur. Les vagues ne s’en privent pas non plus. Des creux de 3 mètres allant jusqu’au double en fin de matinée. La mer est de travers et le confort minimum avec quelques beaux sauts de moutons.

On a une fuite d’eau à l’avant au puits de dérive. Rien de grave, mais il faut trouver une solution car nos 45 sacs d’avitaillement baignent dans l’eau !

J’ai un léger mal au cœur, surtout d’écrire dans ces conditions, et puis la banane de ce matin ne suffit pas à caler mon estomac. Depuis que l’on a quitté le quai, mis à part un morceau du cake protéiné, je n’ai rien mangé d’autre. Mon premier repas chaud sera pour plus tard, lorsque les conditions le permettront."

08h45
GMT

#Onboard Spindrift2. First sunrise of this #TropheeJulesVerne. 20 to 25 knts of wind with squalls. @spindriftracing pic.twitter.com/rMhVPi46zv
— Spindrift racing (@spindriftracing) November 22, 2015

04H35
GMT

Message du bord, Dona Bertareli :

"La ligne est franchie. L’énergie envahit les 40 mètres de long et 23 mètres de large de cette machine construite pour défier les records. Tout le monde est à son poste. Les colonnes de winch sont pleines, Yann est à la barre, Erwan à la table à cartes en liaison avec le phare de Créac’h et le pointeur du WSSRC tandis que les équipiers d’avant éclairent les voiles pour faire apparaître l’ombre de Spindrift 2 comme une étoile filante. Nous sommes bel et bien lancés. Rapidement les quarts s’organisent. Le mien va durer jusqu'à 5h36, assez pour vivre sur le pont et à mon poste les premiers bords de cette aventure."

04H01
GMT

Le trimaran Spindrift 2 mené par Yann Guichard a franchi la ligne de départ du record autour du monde à la voile en équipage et sans escale, dimanche 22 novembre 2015 à 04 heures 01 minute 58 secondes GMT (05h01m58s, heure française) dans l’alignement du phare de Créac’h (Ile d’Ouessant) avec le Cap Lizard (Angleterre). Le bateau naviguait dans une dizaine de nœuds de vent de secteur Nord, grand voile haute et solent. 
 
L’équipage de Dona Bertarelli et Yann Guichard entame donc son Trophée Jules Verne quatre ans jour pour jour après l’actuel détenteur, Loïck Peyron (lire news précédente). Rappelons que le trimaran Banque Populaire V avait navigué à 19,75 nœuds (36,58 km/h) de moyenne sur la route théorique la plus courte de 21 600 milles mais l’équipage avait en réalité parcouru 28 965 milles en maintenant pendant un peu plus six semaines une cadence de 26,5 nœuds moyens (49,08 km/h). Une performance impressionnante qui place la barre haute avec un temps final à battre de 45 jours 13 heures 42 minutes et 53 secondes.

Premiers mots de Yann Guichard joint cette nuit par radio juste après la ligne : « Nous n’avons pas beaucoup de vent pour le moment, entre 8 et 10 nœuds, avec une mer pas facile parce qu’il y a pas mal de courant mais le vent va forcir pour atteindre une trentaine de nœuds dans le Golfe de Gascogne. Donc là, ça part doucement, tranquillement entre 15 et 18 nœuds de vitesse. On est ravi de couper la ligne un 22 novembre, le même jour que Loïck Peyron et son équipage donc j’espère que ce sera de bon augure pour la suite. Maintenant, on est tous sur le pont, on manœuvre pour faire avancer le bateau afin de s’éloigner le plus rapidement possible de Ouessant et récupérer du vent un peu plus fort et établi. »
 
Pour l’emporter, Spindrift 2 devra être de retour à Ouessant avant le 6 janvier 2016 à 17 heures 43 minutes 51 secondes TU (18h43m51s heure française), soit une minute de mois que le précédent chrono (règlement du WSSRC). D’ici là, un tour du monde par les trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn) s’ouvre devant les 14 marins à bord du plus grand trimaran de course au monde. Ils seront épaulés dans ce défi par le routeur à terre, Jean-Yves Bernot depuis son quartier général, situé près de La Rochelle. Il vit jour et nuit au rythme du bateau et des mises à jour régulières des données météorologiques qui lui permettent d’épauler Yann Guichard et le navigateur embarqué, Erwan Israël, afin de définir la meilleure route à suivre.
 
Egalement en stand-by à Brest, le trimaran IDEC Sport de Francis Joyon s’est lui aussi élancé de Ouessant cette nuit, à 2 heures 02 minutes et 22 secondes TU (3h02m22s heure française), soit 1 heure 59 minutes et 36 secondes avant Spindrift 2. Les deux bateaux entament donc ensemble leur descente vers l’équateur qu’ils devraient couper dans plus ou moins 5 jours. Le record à battre sur ce premier tronçon appartient à Banque Populaire V en 5 jours 14 heures et 55 minutes. Dans les prochaines heures, le vent va forcir à trente nœuds dans le Golfe de Gascogne. La mer devrait également se ranger petit à petit permettant d’accélérer dans des conditions de glisse rapides le long de l’anticyclone des Açores. 

MESSAGES D’ENCOURAGEMENTS DES PARTENAIRES DE SPINDRIFT RACING :
 
« Nous souhaitons bon vent et bonne mer à l’équipage de Spindrift 2, » déclare Antonio Palma, CEO de Mirabaud & Cie SA. « En se fixant comme objectif de repousser certaines limites actuelles de la voile et faire tomber l’un des plus exigeants records, Spindrift racing s'inscrit parfaitement dans l’esprit pionnier de Mirabaud et dans sa capacité à faire bouger les lignes. Toutes les équipes de Mirabaud dans le monde vont vivre intensément cette tentative. »
 
« Nous sommes fascinés par ce que Spindrift racing a réussi à faire à partir de l’esprit jeune, moderne et compétitif de Dona, Yann et de tout le team, » Fabio Cavalli, CEO et fondateur de Genes-x. « Nous sommes avec eux et nous leur souhaitons de profiter de ce défi unique. »
 
Aldo Magada, CEO & Président de Zenith : « Zenith est heureux de s’allier à l’équipe Spindrift racing en qualité de Chronométreur Officiel dans sa course pour le record du Trophée Jules Verne. Saluant votre audace et votre esprit de compétition, nous vous souhaitons un vent favorable et le plein succès pour cette ambitieuse épopée maritime. Nous retrouvons comme à l’accoutumée l’authenticité, l’audace et le plaisir qui font de cette navigation hautement technologique une aventure riche en émotions. »

00h07
GMT

Message du bord, Dona Bertareli :

"Le jour J est arrivé. Nous avons quitté le quai dans la nuit noire, sous les projecteurs des cameras et quelques phares de voitures allumés tant bien que mal pour éclairer la silhouette de Spindrift 2. Au moment de saluer les familles et les quelques amoureux du large venus nous encourager, une averse s’est invitée. Mariage pluvieux mariage heureux ? Mes coéquipiers n’ont pas su me dire s’il en était de même pour les départs en mer."