JOUR 16
07.12.15

15:30 GMT

MESSAGE DE DONA BERTARELLI

Jour 16 – 7 décembre

« Terre ! » je m’imagine très bien les navigateurs de l’époque, après des semaines en mer, voir se profiler au loin une ombre ne ressemblant pas tout à fait aux autres - celles des nuages bas et gris.

L’archipel des Kerguelen est en vue, au loin à 27 miles nautiques, et nous aussi avons crié « Terre ! » Grâce à nos instruments et radars, nous savions qu’elle était là, toute proche, mais les nuages bas ne nous laissaient que peu de chance de l’apercevoir. Et c’est à cet instant que le ciel a exaucé nos vœux, il s’est ouvert pour un court instant, sous un ciel bleu et quelques rayons de soleil réconfortants ; alors nous avons vue cette terre volcanique qui culmine à plus de 1000 mètres d’altitude.

C’est étrange l’émotion que je ressens à cet instant. J’ai presque envie qu’on s’y arrête pour découvrir, comme l’ont fait avant nous les premiers explorateurs, cette terre nouvelle.

Mais nous ne faisons que passer et notre route est encore longue. D’ici une heure il fera nuit. Quant à cette île perdue à plus de 3500 km de toute terre habitée, elle a disparue aussi vite qu’elle est apparue.​

13:00 GMT

Bulletin météo de Jean-Yves Bernot

Monts et merveilles

« Passer au Nord des Iles Nuageuses et laisser l’ilot du Rendez-vous à tribord, » ce n’est pas tous les jours que l’on peut envoyer cette indication de route.

C’est la carte du coin (http://data.shom.fr/#donnees/catalogue). Une belle ile montagneuse quasiment aussi grande que la Corse, avec un sommet à 1 800 mètres (le Mont Ross) et une petite calotte glaciaire (le mont Cook).  On est quasiment chez nous : Baie du Morbihan. Notez aussi les hauts-fonds au milieu de nulle part : 13 mètres, 11 mètres, 27 mètres. On vérifie une fois de plus le vielle adage : « En mer, la terre la plus proche est souvent sous vos pieds. »

Météorologiquement, c’est joli aussi : le flux d’Ouest qui passe sur les hautes terres génère toute une série de nuages d’ondes et de tourbillons du plus bel effet. Vu du bateau, ce sera certainement du vent très variable avec successions de molles et de rafales.

A plus grande échelle voici l’océan Austral :

http://www.bom.gov.au/australia/charts/indian_ocean.shtml

C’est la ronde sans fin des dépressions autour du continent antarctique. Spindrift 2 est le point rouge. Vent d’Ouest 30 nœuds, houle de 4 mètres, mer du vent courte et escarpée, pénible en multicoque. Température : pas beaucoup de degrés Celsuis, ni dans l’air ni dans l’eau.

Route vers l’Est en se plaçant dans du vent assez fort mais pas trop … Réglage fin de curseur qui doit aussi tenir compte de la présence des glaces. Nos amis du CLS nous ont fourni de belles images hier. L’iceberg le plus Nord fait deux kilomètres. Les autres sont plus petits.

Pour les prochains jours, nos soucis viennent de Madagascar : une dépression hargneuse qui s’est formée sur la zone de Convergence de l’Océan Indien va visiter les cinquantièmes. Le mécanisme de formation de ces dépressions est similaire à ce qui se passe au large de l’Uruguay – Argentine. Il vaudrait mieux réussir à passer devant :

Régate contre la dépression dans les cinquantièmes : il se passe toujours quelque chose dans l’océan Indien.

10:07 GMT

07:35 GMT

Message du bord

Bonjour,  

Une journée de plus dans l’océan indien pour Spindrift 2 et son équipage, dans des conditions un peu plus toniques que ces derniers jours, mais qui restent tout à fait maniables. 25 nœuds de vent moyen au portant, dans une mer un peu formée mais dans des proportions tout à fait raisonnables. Dans ces conditions, les barreurs successifs arrivent à maintenir des vitesses moyennes de l’ordre de 30-32 nœuds. L’avantage de naviguer sur un bateau comme celui-ci, est que son potentiel de vitesse permet, dans une certaine mesure, de choisir ses conditions météo.

Depuis hier, le maxi-trimaran surfe le long d’une dépression qui se déplace à peine plus vite que lui, ce qui laisse le possibilité au skipper et au navigateur de se positionner de manière à choisir l’intensité de vent souhaitée. Le vent mollit, alors il faut tirer un bord vers le Sud et de se rapprocher du centre de la dépression. Et si au contraire, le vent et l’état de la mer augmentent au point de nuire à la progression du bateau, il y a toujours la possibilité de se recaler vers le Nord. Dans ces conditions, la progression est rapide.

Un peu moins, toutefois que celle de Banque Populaire V au même endroit, qui avait aligné des moyennes assez époustouflantes, notamment parce qu’il naviguait en route directe sans devoir tirer de bord. Alors, le retard sur le concurrent virtuel a tendance à augmenter, ce qui n’entame pas le moral de l’équipage, qui sait qu’il y aura d’autres occasions de se rattraper par la suite.

07:00 GMT

Nord Kerguelen

Début du jour 16 à 6h00 GMT
Position : 47.28.96 S et 64.57.79 E
346 milles de retard sur le détenteur Banque Populaire V
Distance parcourue depuis le départ : 10 017 milles
Distance parcourue sur 24 heures : 703 milles
Vitesse moyenne sur 24 heures : 29,3 nœuds
Voilure : Gennaker à un ris et grand medium
Température de l’eau : 3 degrés
Vent d’Ouest : 23 nœuds

06:30 GMT

JOUR 15

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