JOUR 21
12.12.15

10:35 GMT

Interview de Yann Guichard à l'entrée du Pacifique :

Ecoutez ici

"Un joli temps pour l’Indien et surtout un joli temps depuis le départ depuis Ouessant, puisqu’on est trois heures plus rapides que le record de Banque Populaire V. Donc c’est plutôt bien.

Ce record va être très éphémère car on vient de battre le temps détenu par Loïck Peyron et son équipage, mais juste derrière nous il y a IDEC qui va couper la même ligne que nous, deux ou trois heures plus tard. Mais il a coupé la ligne de départ de cet océan Indien, au sud du cap des Aiguilles, plus d’une journée après nous donc il va faire un meilleur temps que nous. On ne va garder ce record que pour deux ou trois heures. 

La première raison c’est que depuis cinq jours on bute sur une dorsale, devant nous où il n’y a pas de vent, qui se déplace à 25 noeuds donc on ne peut pas aller plus vite que 25 noeuds. Si on les dépasse, il n’y a plus de vent et on ralentit. IDEC, c’est l’inverse, il est devant une dépression, donc derrière lui il y a du vent fort, devant lui il y a du vent aussi, donc plus il va vite, plus ça va vite ! Il a aussi fait une route plus Sud que nous, il a raccourci son parcours en se rapprochent du pôle Sud. Ces deux raisons font qu’il a fait un super temps sur l’océan Indien. Mais sur le temps de référence, depuis le départ, on est toujours en avance sur Loïck Peyron et son équipage et sur IDEC.

Nous n’aurions pas pu faire cette route Sud avec les conditions météos qu’on avait, on était en avant du front au début, il n’y avait aucune raison qu’on plonge au Sud. En plus, il y avait pas mal de glaces, la route qu’on a faite était en fonction des conditions qu’on avait, on n’aurait pas pu aller plus vite que ce qu’on a pu faire.

Il n’est pas encore très clair cet océan Pacifique car les conditions sont assez imprévisibles et pas vraiment calées. On ne sait pas encore si ce sera une route Nord, une route Sud ou une route intermédiaire. Ça va se décider dans les 24 ou 36 prochaines heures. Ça paraît compliqué, c’est là que Banque Populaire V a perdu beaucoup de temps, c’est là où on a une possibilité de gagner un ou deux jours sur le record. Il va falloir essayer d’aller vite sur ce Pacifique pour avoir de l’avance au passage du Cap Horn, qu’on devrait atteindre d’ici huit à dix jours maintenant."

09:02 GMT

#Onboard #Spindrift2 Indian Ocean world record. Not to last long @Idecsport on our trail #JulesVerneTrophy pic.twitter.com/DUeDnMd2td
— Spindrift racing (@spindriftracing) 12 Décembre 2015

NOUVEAU DÉPART !

En franchissant la longitude du cap Sud de la Tasmanie à 8h39 GMT (9h39’, heure française) ce samedi 12 décembre 2015, Spindrift 2 réalise le meilleur temps sur la traversée de l’océan Indien (Cap Aiguilles-Tasmanie en 8j 04h 35’) et surtout entre Ouessant et l’entrée dans le Pacifique : 20 jours 04 heures 37 minutes, soit 2h 34’ de mieux que le détenteur du Trophée Jules Verne. Mais la suite dans le plus grand océan de la planète s’annonce assez difficile à appréhender.

Le trimaran noir et or concède néanmoins environ 25 milles sur la trajectoire de Banque Populaire V en 2011, un effet dû au positionnement plus Nord de Dona Bertarelli, Yann Guichard et leurs douze équipiers. De fait, c’est donc un nouveau départ qui est donné à l’entrée du Pacifique, surtout que Francis Joyon et ses hommes sont aussi dans le match, une soixantaine de milles plus à l’Ouest, soit un écart en temps d’environ quatre heures par rapport au temps de référence. Une goutte d’eau à l’échelle de la distance restant à parcourir jusqu’à Ouessant : 11 700 milles (21 670 kilomètres).

Les deux prétendants sont dans la roue du détenteur du Trophée Jules Verne et c’est donc quasiment un nouveau départ qui a été donné sous la Tasmanie, presque à la moitié de ce tour du monde ! Et si Spindrift 2 s’adjuge quelques heures durant le record officiel WSSRC* de la traversée de l’océan Indien en 8j 04h 35’ (que son poursuivant actuel devrait améliorer d’ici deux heures environ), il a été le plus rapide depuis Ouessant avec 20j 04h 37’ pour atteindre le Pacifique.

Un océan qui se présente avec quelques pièges après la Nouvelle-Zélande que le trimaran géant devrait passer d’ici 36h environ (dans la nuit de dimanche à lundi) : une zone de vent faible va ralentir sa progression en début de semaine et peut-être l’obliger à contourner un anticyclone polaire. Mais cela ne devrait pas entamer les chances d’améliorer le temps du Trophée Jules Verne puisque le détenteur avait aussi eu en 2011 bien du mal à traverser cet océan.

*Pour rappel : source wssrc

26.3 INTERMEDIATE ROUND THE WORLD RECORDS

a. Indian Ocean.
Western limit: Cape Agulhas, crossing the meridian 20° E
Eastern limit: The southern point of Tasmania, South East Cape, crossing the meridian 146° 49'.E.

b. South Pacific Ocean.
Western limit: the southern point of Tasmania, South East Cape, crossing the meridian 146° 49' E.
Eastern limit: Cape Horn crossing the meridian 67° 16' W.

c. South Atlantic.
Western limit: Cape Horn crossing the meridian 67° 16' W
Eastern limit: Cape Agulhas crossing the meridian 20° E.

d. Equator to Equator.
From the North Atlantic Ocean: Equator, Cape Agulhas, around Antarctic Continent, Cape Horn, Equator.

e. North Atlantic Ushant start to Equator. (for Round the World attempts starting at Ushant.)

08:50 GMT

MESSAGE DE DONA BERTARELLI

Mon île, mon bateau.

Cela fait maintenant 21 jours que nous sommes partis.

21 jours que nous vivons sur 40 mètres de long et 23 de large. L’espace intérieur ne fait pas plus de 20m2 à partager à 14 équipiers.

Ce bateau est notre maison, notre ile, notre seul « terre » dans cette immensité liquide.

Nous y prenons soin, en le nettoyant, vérifiant chaque recoin, le ménageant et parfois aussi, s’adressant à lui tel un confident.

Je connais chaque bruit, chaque sursaut qui sort de sa fine peau de carbone. Parfois, il gémit, gronde, tressaille sous l’impact violent d’une vague. La nuit, sous l’effet du froid intense, sa carapace craque tel du popcorn.

Mais ce qu’il préfère, c’est filer à plus de 40 nœuds. Là, la bête se réveille, ses voiles noires, telles la crinière d’un pur-sang, caresse le vent et accélère. Dans ses moments là, le barreur doit tenir sa monture, la guider, ne pas la laisser s’emporter. Avec une main de fer dans un gant de velour, toute la dextérité du barreur est nécessaire pour en tirer le meilleur parti.

Nous sommes aux portes du Pacifique, le plus grand des océans, et un peu plus de la moitié de notre route à parcourir.

Avant de retrouver la terre ferme, notre fidèle compagnon de route, notre bateau, devra encore tout donner pour nous amener à bon port.

08:35 GMT

MAGAZINE DU WEEK END !

LE CAP IGNORE : LEEUWIN

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