Jour 31
22.12.15

17:00 GMT

16:30 GMT

DONA BERTARELLI, APRÈS LE CAP HORN

C’était génial, j’avais le souffle coupé par la beauté du paysage, au lever du soleil, sous un ciel bleu, dans 15 nœuds de vent à glisser le long des côtes. C’était fantastique, tout était simplement parfait. On est toujours sur une mer plate dans un peu moins de 12 nœuds de vent, mais on s’attendait à de telles conditions. 

« L’équipage fait un super travail » 

On est à l’abri des Andes, on touche donc moins de vent, et ce probablement pour les 6 à 8 prochaines heures. Nous pourrons ensuite attraper des vents plus forts et remonter jusqu’aux îles Malouines. Il y a eu des moments difficiles, on vient de passer trois semaines dans des mers du Sud hostiles. L’équipage fait un super travail et on est vraiment content de nos performances. Mais je ne garderai en mémoire que les meilleurs souvenirs.  

Au départ, on était vraiment content qu’IDEC parte en même temps que nous, ça nous semblait incroyable d’avoir deux bateaux autour du monde. C’était aussi rassurant de savoir qu’en cas de problème dans les mers du Sud, il y avait des amis non loin de là. Mais pour tout vous dire, c’est en réalité un peu stressant, ça vous rajoute un concurrent dont il faut s’inquiéter. Forcément, on garde un œil sur ce qu’ils font.

Ecoutez ici l'interview (en anglais)

14:50 GMT

YANN GUICHARD, JOINT APRES LE CAP HORN

Ecoutez ici l'interview

Mon plus beau souvenir sera de passer ce cap Horn parce que, pour en avoir discuté avec ceux qui l’ont passé plein de fois, là il faisait soleil, la mer est plate, on a eu le temps d’apprécier, il y avait 15 nœuds de vent, on a longé toute la côte… Franchement, c’était fantastique. C’était assez magique. Dona a parlé avec le gardien du phare, c’était vraiment un moment sympa, tout le monde était réveillé et sur le pont. Cela marque un mois d’aventure qui s’est bien passée. Mon objectif depuis le départ était d’arriver au Horn dans les temps de Banque Populaire V, c’est chose faite, maintenant ça va être la météo qui va décider. Mais on a déjà fait un beau parcours, je suis ravi de mon équipage et de l’ambiance qu’il y a à bord, c’est vraiment top.

L’important c’était que ça se passe bien avec tout le monde, je crois que l’équipe est vraiment soudée, il y a une super ambiance, ça fonctionne bien, les quarts fonctionnent, le rythme est bon et on est ravi. Passer le cap Horn ensemble avec tout l’équipage et Dona ; c’est unique dans une vie d’aller voir ce caillou au bout du monde après 30 jours de plaisir partagé en mer. On a été entourés d’oiseaux tout l’indien et pacifique, c’était assez sympa. On a eu les albatros mais pas la grande houle. Sinon j’ai un stress matériel continu car je sais que si on finit, on sera dans les temps du record donc je veille à ce que le bateau soit en parfait état. C’est vraiment la gestion des hommes et de la machine qui me préoccupe au quotidien et qui est fatigant, usant mais aussi sympa.

« Ça va être vraiment serré jusqu’au bout » 

Le schéma est assez complexe. On va essayer d’attraper une dépression dans 30 heures qui va nous amener jusqu’en Uruguay où, j’espère, il y aura un anticyclone à gérer. Des conditions pas faciles en Atlantique sud, mais c’est souvent le cas. C’est clair qu’on n’ira pas aussi vite que Banque Populaire V qui avait fait une trace assez rectiligne. Nous, ça va être plus compliqué mais il faut déjà sortir du passage de Le maire pour y voir un peu plus clair. Ça va être complexe à négocier. On devrait avoir une grosse dépression assez forte aux vents des Malouines dans quelques jours, mais ça va bien se passer. On est encore dans les temps, j’espère que ce sera toujours le cas à l’équateur. On aura surement perdu du terrain mais j’espère qu’on sera encore dans les temps pour essayer de battre le record quoi qu’il arrive. Je pense que ça va être vraiment serré jusqu’au bout.

Tu te rends compte qu’au delà du bateau, c’est vraiment la météo qui décide. Le jour où on arrivera à inventer un bateau assez rapide dans le petit temps pour dépasser les dorsales, c’est clair qu’on pourra faire 40 jours sur un tour du monde. Mais là, dans l’Indien et le Pacifique, on a dû passer sept jours à buter dans des zones de molle où le vent revenait tout le temps par derrière. Avec IDEC qui revenait. Là, on a fait un petit break avec lui, il est peu bloqué derrière le front. C’est ça qui peut être frustrant, c’est qu’à un moment tu butes, tu butes, tu peux bourriner mais ça ne sert à rien d’aller vite puisque de toute façon tu vas buter sur un système. Mais ça, on ne peut pas y faire grand chose !

13:45 GMT

REPLAY - LIVE AVEC SPINDRIFT 2 APRES LE CAP HORN

A revoir ici

Glisser le curseur à 1h23 !

09:15 GMT

#Onboard #Spindrift2 Happy crew! Best wishes from Cape Horn. #JulesVerneTrophy pic.twitter.com/dcdzv0RgI4
— Spindrift racing (@spindriftracing) December 22, 2015

08:55 GMT

Horn, sweet Horn

#Onboard #Spindrift2 Ushant-Cap Horn 30d 4h. New time of reference. #JulesVerneTrophy #drone pic.twitter.com/dq48W7zb5T
— Spindrift racing (@spindriftracing) December 22, 2015

Spindrift 2 a franchi la longitude du cap Horn ce mardi 22 décembre à 09h 09’ (heure française) avec une jolie brise de secteur Ouest de vingt nœuds, après 30 jours 04 heures 07 minutes de mer depuis le départ de Ouessant, soit une avance sur le temps de référence de Banque Populaire V de 18 heures 11 minutes. Dona Bertarelli, Yann Guichard et leurs douze équipiers vont désormais remonter l’Atlantique pour un dernier rush de 7 000 milles.

Le Pacifique aura été finalement bien trop… pacifique ! Car même si Spindrift 2 s’est avéré plus rapide que le détenteur du Trophée Jules Verne sur le plus grand océan de la planète (9j 23h 30’ contre 10j 15h 07’ pour Banque Populaire V), les conditions météorologiques n’ont pas été à la hauteur des espérances de l’équipage : du petit temps au large de la Nouvelle-Zélande, une zone de transition peu ventée au milieu de l’océan, une houle et des vagues courtes à l’approche du détroit de Drake… Ainsi Orange II conserve depuis 2005 le record WSSRC de l’océan Pacifique : 8j 18h 08’.

Cap horn! pic.twitter.com/kXFkak4RPo
— Yann Guichard (@yannguichard) December 22, 2015

Plus d’une demie journée de marge

C’est avec une longue houle d’Ouest que Spindrift 2 a rasé le légendaire cap Horn au petit matin local sous quelques rayons de soleil perçant les nuages qui s’accrochaient sur les reliefs escarpés de la Terre de Feu. Le trimaran noir et or n’aura donc mis qu’un peu plus de trente jours depuis son départ de Ouessant pour franchir le détroit de Drake (30j 04h 07’).

Spindrift 2 engrange donc une avance de plus d’une demie journée par rapport au détenteur du Trophée Jules Verne et peut envisager la remontée de l’Atlantique avec un brin de sérénité. Même si les conditions de navigation au large de la Terre de Feu sont un peu inhabituelles avec une zone de vents faibles entre l’île des États et l’archipel des Malouines. Il faut donc s’attendre à une phase un peu délicate jusqu’à demain mercredi avant de pouvoir accrocher une nouvelle dépression australe qui va traverser le Sud de l’Argentine pour rejoindre le flux perturbé d’Ouest de l’Atlantique.

Dona Bertarelli, Yann Guichard, et leurs douze équipiers vont donc bénéficier d’une pause méritée après presque trois semaines dans les mers du Sud. De quoi faire un check-up complet du trimaran noir et or, d’aérer et de sécher tout l’intérieur, voire de préparer un repas spécifique pour ces fêtes de fin d’année… Mais il ne va pas falloir traîner en route car le détenteur du Trophée Jules Verne avait réalisé le meilleur temps sur la tranche de parcours entre le cap Horn et l’équateur (7j 04h 27’) : il faut donc s’attendre à ce que Spindrift 2 perde une partie de ses 530 milles d’avance au passage de la Terre de Feu ces jours prochains.

#Onboard #Spindrift2 Diego Ramirez islands. Cape Horn 40 miles ahead! #JulesVerneTrophy pic.twitter.com/OLIV5MKzsD
— Spindrift racing (@spindriftracing) December 22, 2015

Les cap-horniers du bord

Sébastien Audigane : 5e passage
Thierry Duprey Du Vorsent : 4e passage
Loïc Le Mignon : 3e passage
Xavier Revil : 2e passage
Yann Riou : 2e passage

Dona Bertarelli : 1er passage
Yann Guichard : 1er passage
Antoine Carraz : 1er passage
Christophe Espagnon : 1er passage
Jacques Guichard : 1er passage
Erwan Israël : 1er passage
Sébastien Marsset : 1er passage
Francois Morvan : 1er passage
Thomas Rouxel : 1er passage

Temps de passage Spindrift 2, Yann Guichard :

Départ Ouessant : dimanche 22 novembre 2015 à 04h 01’ 58’’ UTC
 
Passage à la longitude du cap de Bonne Espérance : vendredi 4 décembre à 02h06 GMT
Ouessant – cap de Bonne Espérance : 11 jours 22 heures 04 minutes
7 898 milles parcourus à 27,61 nœuds (358 de moins que Banque Populaire V)
Delta avec Banque Populaire V : retard de 16 minutes 14 secondes

Passage à la longitude du cap des Aiguilles : vendredi 4 décembre à 04h04 GMT
Ouessant – cap des Aiguilles : 12 jours 00 heure 02 minutes
7 962 milles parcourus à 27,64 nœuds (366 de moins que Banque Populaire V)
Delta avec Banque Populaire V sur le record WSSRC : retard de 12 minutes et 44 secondes

Passage du Cap Leeuwin (115° 08’ E) : jeudi 10 décembre à 15:27:15 GMT
Temps Ouessant-Cap Leeuwin : 18j 11h 25m 17s
11h 25' 17'' de retard sur le temps de Banque Populaire V
12 295 milles parcourus à 27,73 nœuds de moyenne

Passage à la longitude du cap Sud de la Tasmanie : samedi 12 décembre à 8h39 GMT
Temps Ouessant - Tasmanie : 20 jours 04 heures 37 minutes
Cap Aiguilles - Tasmanie : 8j 04h 35’
2h 34 minutes d'avance sur le temps de Banque Populaire V

Passage du Cap Horn : mardi 22 décembre à 08h09 GMT
Temps Ouessant- cap Horn : 30 jours 04 heures 07 minutes
Delta avec Banque Populaire V : avance de 18 heures 11 minutes
19 635 milles parcourus à 27,11 noeuds de moyenne

08:25 GMT

#Spindrift2 crossed Cape Horn at 8:09 GMT after 30j 4h 7m at sea from #Ushant & 18h11 before record holder @VoileBanquePop #julesvernetrophy
— Spindrift racing (@spindriftracing) December 22, 2015

07:35 GMT

Message de Dona

4H TU

Je n’arrive pas à dormir. Je ne suis pas la seule. Ni Yann couché sur la bannette juste au-dessus de moi, ni Erwan non loin de la table à cartes. L’objectif : prendre un peu de repos car dans quelques heures on passera non loin de ce cailloux mythique, le Cap Horn, qui marquera la fin de trois semaines de navigation entre les 40ème et 60ème degrés dans les mers du Sud.

Depuis là où je suis, je vois les instruments et les écrans de contrôle ainsi que la carte. Nous naviguons droit sur le Cap Horn dans un vent d'une vingtaine de nœuds, au portant, à une vitesse de plus de 30 nœuds constants. Le bateau glisse sans effort dans une petite houle de 2.50m par notre arrière. Les conditions idéales pour creuser l’écart entre nous et nos deux concurrents – le virtuel, détenteur du record, et le « rouge », IDEC.

Au départ du Trophée Jules Verne, nous nous étions fixé comme objectif d’arriver au Cap Horn dans les temps du record, au mieux avec 2 jours d’avance et au pire avec un jour de retard. Au final on aura une grosse demi-journée d’avance. Rien n’est donc joué car Loïck Peyron et ses hommes avaient fait une remontée de l’Atlantique fulgurante. Pas imbattable, mais très rapide.

Depuis l’équateur où nous avons établi un nouveau record, Spindrift 2 n’a cessé de buter sur les systèmes météo. 

D’abord dans l’Indien et ensuite dans le Pacifique, l’avance acquise fondait comme neige au soleil devant dorsales thalwegs et autres phénomènes nous barrant régulièrement la route.

J’ose espérer qu'Eole en a fini d’abattre ses pièges sur nous. Mais je ne le sais que trop bien, la route est encore longue. Les pièges, il y en aura d’autres et il ne va pas falloir relâcher la tension, ni l’attention d’ailleurs. 


07:15 GMT

MAGAZINE :

CAP HORN, CAP DUR

Article à lire ici

07:30 GMT
 

Position à 07:30 GMT :

56° 6' 50" S et 67° 41' 39" W
534.36 milles d'avance sur le détenteur Banque Populaire V
Distance parcourue depuis le départ : 19 619.2 milles
Distance parcourue sur 24 heures : 636.5 milles
Vitesse moyenne sur 24 heures : 26.5 nœuds
Hauteur de vague : 2,5 mètres
Température de l’eau : 5°C
Température de l’air : 7°C
Vent : 20.3 noeuds de Ouest Nord-ouest

JOUR 30

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