JOUR 4
25.11.15

17:54 GMT

A vos agendas! #Live #video en direct de #Spindrift2 avec @tsonga7 vendredi 27 à 11H GMT! #JulesVerneTrophy pic.twitter.com/VRsvEdBhw3
— Spindrift racing (@spindriftracing) 25 Novembre 2015

16:35
 

16:24 GMT

Trois jours, trois nuits

Parti dimanche 22 novembre à 4h02’ (GMT) devant le phare de Créac’h (Ouessant), le trimaran Spindrift 2 avait déjà cumulé en trois jours plus de 270 milles d’avance sur le tableau de marche du détenteur du Trophée Jules Verne. Et cet avantage continuait à augmenter au fil des heures dans des alizés bien installés au large de l’archipel du Cap-Vert…

Plus de 30° de latitude gagnée, près de 20°C de température de l’air en plus : en trois jours, l’équipage de Spindrift 2 est passé de l’automne frais de la Bretagne aux chaleurs pré-équatoriales ! Car c’est avec une fenêtre météorologique particulièrement favorable que le trimaran skippé par Yann Guichard s’est élancé pour sa première tentative sur le Trophée Jules Verne. Et après deux heures et demie de brise de secteur Nord mollassonnes, l’anticyclone des Açores positionné très haut en latitude (vers l’Irlande) a généré un flux puissant de Nord-Nord Ouest qui a permis d’allonger la foulée à plus de trente nœuds de moyenne. Une entrée en matière plutôt musclée puisque l’équipage débordait le cap Finisterre en un peu plus de douze heures…

Aile de mouette

Froid, humidité, brise puissante, vagues désordonnées, les conditions de navigation se sont ensuite nettement améliorées au large de Lisbonne lorsque Spindrift 2 a accroché dans la foulée, les alizés portugais de Nord. Et comme les hautes pressions de l’anticyclone descendaient aussi vers le Sud, le trimaran a pu enchaîner avec les alizés canariens d’Est, certes un peu plus instables : l’équipage a donc dû multiplier les manœuvres pour adapter la voilure, mais les milles ont succédé aux milles jusqu’à l’instant crucial de l’empannage. Car c’est la particularité de cette configuration météorologique très favorable : alors que le détenteur du Trophée Jules Verne de 2012 avait dû enchaîner quatre empannages pour atteindre les Canaries, Spindrift 2 a pu faire route directe jusqu’au large de l’archipel des Açores !

Puis avec la rotation progressive du vent de Nord vers l’Est, Yann Guichard et ses équipiers ont réalisé une « aile de mouette », une courbe en « V » ouvert qui les a déjà positionnés pour aborder l’équateur… Car moins il y a de manœuvres, moins il y a de temps perdu, et plus la route est directe, plus il y a de temps gagné. Or cette Lapalissade n’est pas évidente sur un tour du monde où ce sont les successions de systèmes météorologiques qui régissent la trajectoire. Le timing de l’empannage était donc primordial puisqu’il gérait ensuite la trace vers l’entrée dans le Pot au Noir, cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) la plus complexe à aborder sur un tour du monde.

Entrée dans le Pot

En effet, les vents de Nord-Est de l’hémisphère Nord et les vents de Sud-Est de l’hémisphère Sud convergent au large de la Sierra Léone pour former un cône vers l’Amérique du Sud : les vents sont faibles et les grains orageux nombreux en raison de l’évaporation importante juste au-dessus de l’équateur. Ce Pot au Noir qui s’étend en général entre les parallèles 3°N et 7°N, est plus ou moins actif : il peut être une alternance de brises faibles et de rafales violentes sous grains, une zone de calmes très étendue, une transition lente entre ces deux régimes d’alizés, des hémisphères Nord et Sud. Le « point d’impact » est donc essentiel pour trouver un passage le moins pénalisant possible, en général entre les longitudes 28° W et 30°W.

Arriver des Açores sans avoir à manœuvrer pour entrer dans la ZCIT est donc un gain conséquent : Spindrift 2 devrait ainsi l’aborder dans la nuit de ce mercredi et le ralentissement sera sensible dès le coucher du soleil. Large d’environ 200 milles, le Pot au Noir pourrait alors être traversé en moins d’une demie journée, ce qui permettrait alors à Yann Guichard et son équipage un passage de la ligne de séparation des hémisphères en plus ou moins cinq jours.

Or gagner des heures dès le passage de l’équateur est essentiel comme le montre le graphique des temps de référence établis depuis la création du Trophée Jules Verne en 1993 : Commodore Explorer avait mis 8j 19h 26’ pour changer d’hémisphère, Orange II 7j 02h 56’ en 2005, Banque Populaire V 5j 14h 55’ en 2012, record à battre… La quatrième nuit en mer de Spindrift 2 s’annonce capitale pour entrer dans ce « tunnel » complexe qui va nécessiter moult manœuvres de voiles, et pour en sortir au plus vite afin d’accrocher les alizés de Sud-Est qui soufflent dès le 4°N… Surtout que l’Atlantique Sud est actuellement en pleine restructuration météorologique : l’anticyclone de Sainte-Hélène est en train de se positionner sous l’Afrique du Sud, et pour glisser rapidement vers le cap de Bonne Espérance, il ne faut pas tarder afin de longer une masse orageuse qui sort du Brésil et descend jusqu’aux Quarantièmes Rugissants.

Passage à l’équateur lors du tour du monde (en heures) :
1-Commodore Explorer (1993)
2-Enza (1994)
3-Lyonnaise des Eaux (1994)
4-Sport Elec (1997)
5-Orange (2002)
6-Geronimo (2003)
7-Cheyenne (2004)
8-Geronimo (2004)
9-Orange II (2005)
10-Groupama 3 (2010)
11-Banque Populaire V (2012)

Ce graphique montre qu’un passage rapide de l’équateur est devenu indispensable pour prétendre améliorer le record autour du monde. Lors des premières tentatives, le temps de référence entre Ouessant et l’équateur tournait entre 8 jours et demi et sept jours. Lors de sa première tentative sur le Trophée Jules Verne en 2008, Groupama 3 descend sous la barre des sept jours (6j 6h 24’), puis lors de sa deuxième tentative en 2009) sous la barre des six jours (5j 15h 23’). Mais le temps de référence est désormais de 5j 14h 55’ établi en 2012 par Banque Populaire V.

15h55 GMT

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— Spindrift racing (@spindriftracing) 25 Novembre 2015

14:12 GMT

Le mot d'Yvan Ravussin, détenteur du record du Trophée Jules Verne avec Banque Populaire V, dans la Tribune de Genève :


Photo Team Banque Populaire

"Je tire mon chapeau à Dona d’avoir relevé ce challenge. Elle a tout mon respect. C’est une course intense parfois dure. Elle va sûrement vivre des moments difficiles mais elle est bien préparée. Cela fait un moment qu’elle est dans le milieu. Les bottes, les cirés, elle connaît."

Lire l'article complet

10:50 GMT

Message de Dona 
Discussion autour d’un winch.

« C’est bizarre qu’on n’ait pas encore vu de poissons volants ? » Je demande à Seb Audigane, à poste à l’écoute de chariot, prêt à choquer à tout moment si le vent rentre. Il me répond « ça ne va pas tarder. »

Je regarde la sonde indiquant la température de l’eau : 22 degrés. Trop chaud ou trop froid pour ces petits poissons munis d’ailes leur permettant de s’élancer sur le haut d’une vague et voler à ras de l’eau sur plusieurs centaines de mètres ?

Il est vrai que depuis notre départ nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux. « Nous n’avons même pas croisé un seul dauphin, alors que presque à chaque sortie d’entraînement avec Spindrift 2 nous en avons vus. »

« On va trop vite pour les dauphins, » me répond Seb, avant d’ajouter : « il n’y a que les thons rouges qui peuvent nager à nos vitesses. »

Seulement voilà, des thons rouges, il n’en reste pas beaucoup et les voir reste un fait rarissime. Ils font à présent partie des espèces en voie d’extinction et les protéger devrait être un devoir de chacun, comme ne plus en manger pour aider à la repopulation et permettre à nos petits enfants de pouvoir à leur tour en voir et peut-être aussi en manger à nouveau.

A ce rythme de consommation, il n’y en aura plus. Ce ne sera même pas possible d’en voir dans des aquariums car ce poisson migrateur parcourt des centaines de kilomètres et travers les océans à des vitesses de 80 km/heure.

Le mot « thon » vient du grecque thuno, qui veut dire « se précipiter. »

Le corps, en forme de torpille, donne de la vitesse et de l’endurance au thon rouge. Il peut même replier ses nageoires pour réduire la traînée, lui permettant de nager dans l’eau à des vitesses très élevées. Grand prédateur dans l’océan, il mange le hareng, le maquereau, le merlu, le calmar et les crustacés. Contrairement à la plupart des poissons, il a le sang chaud et peut réguler sa température pour que les muscles restent chauds pendant les traversées océaniques.

Le haut du corps, d’une magnifique couleur bleu métallique, et le côté inférieur argent et blanc, le camouflent aux deux côtés, ce qui le protège de ses principaux prédateurs : les épaulards et les requins.

Les thons rouges de l'Atlantique sont l'espèce la plus grande, 2 à 3 mètres en moyenne. Le plus grand jamais vu aurait été de 6 mètres ! C’est incroyable de penser qu’il puisse plonger à plus d’un kilomètre de profondeur.

Dans le sushi, c’est l’un des ingrédients le plus cher au monde. L’espèce est considérée "quasi menacée" sur la liste rouge de l’UICN*. Réfléchissons, donc, avant de l'acheter dans les marchés locaux. Il est certes moins beau que le dauphin mais ça vaut la peine de le protéger !

 *L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature

10:34 GMT

Télématin - France 2 - 25 novembre 2015 - news du Trophée Jules Verne :

@telematintv
@gregtournon

10:22 GMT

Message de Spindrift 2 : A l’ouest du Cap Vert.

Spindrift 2 fait route au sud, à plus de 30 nœuds, laissant les iles de l’archipel du Cap Vert à une centaine de mille dans son Est.

L’allure est donc toujours rapide mais il faut s’attendre à un ralentissement dans la journée, avant de s’attaquer au prochain obstacle météorologique : la zone de convergence intertropicale, dite Pot-au-noir. Ce sera vraisemblablement pour ce soir ou la nuit prochaine. Les échanges à la table à cartes sont denses. Yann et Erwan, épaulés par Jean-Yves à terre établissent la stratégie pour l’aborder.

La température sur le pont est agréable. En revanche, ça commence à chauffer à l’intérieur du bateau, où il règne une certaine moiteur. Difficile d’aérer en ouvrant les hublots sans risquer de voir une vague s’engouffrer dans la cabine. C’est ce qu’il s’est passé hier dans la cuisine, où le réchaud a été partiellement inondé, nécessitant par la suite une petite opération de nettoyage. Petite contrariété rapidement oubliée. Le réchaud est en ordre de marche et le hublot fermé. Spindrift 2 fonce vers le Pot-au-Noir.

07:00 GMT

Tentative de record du Trophée Jules Verne
Jour 4 – 4h00 GMT
Position : 18 24.32’ N – 26 46.62’ W
274 milles d’avance sur le détenteur Banque Populaire V
258 gagnés sur les dernières 24 heures

Distance parcourue depuis le départ : 2 254 milles
Distance restante : 21 388 milles
Distance parcourue sur 24 heures : 736,5 milles
Vitesse moyenne sur 24 heures : 30,7 nœuds
Voilure : 2 ris dans la Grand Voile et Solent
Zone : Alizés de l’Hémisphère Nord, Ouest du Cap Vert, latitude de Dakar (Sénégal)

06:45 GMT

Hier, avant le coucher du soleil à bord de Spindrift 2

#Onboard #Spindrift2 Change gennaker to J1 and sailing fast towards west of Cape Verde islands. @spindriftracing pic.twitter.com/TH3izeGlq9
— Spindrift racing (@spindriftracing) 24 Novembre 2015

05:00 GMT

 

JOUR 3

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