Spindrift 2 boucle son premier tour du monde
08.01.16

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ENSEMBLE - La Trinité-sur-Mer, 23h00 (GMT+1)

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23:30 GMT

Un accueil chaleureux et enthousiaste

Après avoir franchi la ligne d’arrivée devant Ouessant à 16h01’ ce vendredi 8 janvier, Spindrift 2 a rallié son port d’attache à La Trinité-sur-Mer vers 23h00, accueilli par plusieurs centaines de spectateurs enthousiastes. Les quais du port morbihannais étaient l’occasion pour Dona Bertarelli et Yann Guichard de remercier tous leurs supporters, mais aussi les écoles qui ont suivi leur tour du monde, toute l’équipe technique qui a préparé le trimaran noir et or, les partenaires du projet, plusieurs coureurs comme Thomas Coville, Pascal Bidégorry, Fred Le Peutrec, Charles Caudrelier, Marc Guillemot, Eric Péron, ou encore le Suisse Yvan Ravussin (détenteur du Jules Verne avec Loïck Peyron) venus les féliciter, leurs proches et leurs amis. Le skipper de Spindrift 2 en a profité pour présenter au public trinitain les douze équipiers qui ont exploité tout le potentiel de cette magnifique machine dessinée par le cabinet VPLP : Sébastien Audigane, Antoine Carraz, Thierry Duprey du Vorsent, Christophe Espagnon, Jacques Guichard, Erwan Israël, Loïc Le Mignon, Sébastien Marsset, François Morvan, Xavier Revil, Yann Riou, Thomas Rouxel. Même si le record autour du monde n’a pas été amélioré, le team Spindrift peut être fier de cette tentative. 


© Thierry Martinez / Spindrift racing

Ils ont dit…

Sébastien Audigane
Chef de quart, 5ème tour du monde

« C’est mon cinquième tour du monde et mon deuxième en un an puisque j’ai aussi fait la Barcelona World Race (tour du monde en double). J’ai passé deux fois le cap Horn en 2015 ! J’avais navigué sur ce bateau en 2009 mais faire le Trophée Jules Verne avec ce bateau encore optimisé et avec une belle équipe, c’est bien agréable. Le bateau a été beaucoup allégé et on sent qu’il est plus véloce. Mais nous n’avons pas eu beaucoup de chance d’un point de vue météorologique. Un bon souvenir ? Un bord vraiment génial juste avant d’arriver sur le cap Horn. La mer était très plate, la nuit claire, on marchait entre 35 et 40 nœuds, c’était un super moment. Dans les objectifs à venir, j’aimerais faire le Vendée Globe un jour et puis il reste ce record du Trophée Jules Verne à battre ! »
 

Antoine Carraz
Barreur-régleur, 1er tour du monde 

« On est satisfait, particulièrement moi qui m’occupe de la partie technique avec Thierry. Le défi était à la fois de battre le record mais aussi que le bateau fasse le tour et je crois qu’il l’a fait et bien fait. C’est une grande satisfaction de le ramener entier au ponton, on a eu quelques moments de doute, on a eu quelques problèmes techniques mais on a su les surmonter à chaque fois. C’est une grande fierté pour les gars qui ont bossé sur le bateau depuis deux ans et demi. Mon rôle était de m’occuper de la partie technique car je suis la personne qui connaît le mieux le bateau étant là depuis le début de cette aventure avec Spindrift. Ça n’a pas été toujours facile car dès qu’on a un problème on se dit qu’on va abandonner et puis on réfléchit aux solutions et on a réussi, avec Sébastien (Marsset) et Thierry, à en trouver à chaque fois, sans ralentir ni perdre de temps et nous permettre de continuer en toute sécurité. Le mât a été un gros coup dur car le foil, on n’y peut pas grand chose, on sait qu’il y a beaucoup de choses dans la mer, on sait qu’on peut taper des trucs. La réparation a été très compliquée car on avait très peu de temps avant que le vent ne rentre et il y avait beaucoup de mer donc on s’est bien fait secoué dans le mât avec Seb. Et puis la réparation a tenu donc… C’est un peu le cliché mais le cap Horn, c’est un peu pour ce genre de chose qu’on fait un tour du monde, c’est un rêve de gamin. Il y a plein de moments supers mais c’est quand même assez mythique, on a eu la chance d’avoir des supers conditions, de passer à ras, c’était un moment fort, c’est la sortie des mers du Sud. Même si ça s’est malheureusement un peu compliqué derrière alors qu’on pensait que ça allait se simplifier, ça a limite été la phase la plus dure. Et puis j’ai la chance d’avoir partagé ça avec François qui est un copain dans la vie, un peu les « jeunes » de l’équipage mais on a su y aller de notre motivation, on n’a jamais lâché, c’était top de glisser ensemble. »
 

Thierry Duprey du Vorsent 
Barreur-régleur, 3ème tour du monde et détenteur depuis 2012 

« Le bateau a bien évolué en quatre ans. Dans le bon sens, notamment dans les phases de transition. Mais on a vite retrouvé nos marques avec Xavier (Revil, lui aussi détenteur depuis 2012) car l’intérieur est resté identique. En revanche, on n’a pas été gâté par la météo, dans le Pacifique, on a subi la même chose qu’il y a quatre ans. À bord, l’équipage était moins habitué au large que sur Banque Populaire V, cela nous a apporté une approche différente des réglages par exemple. À chaque fois qu’on met le pied en mer, on apprend quelque chose. Je suis content. Je garderai en mémoire le nombre d’albatros qu’on a vus, je n’en avais jamais vu autant, pendant si longtemps. Après le cap Horn, il y en avait 40, 50 qui jouaient autour du bateau. J’étais content de partir, je suis content d’arriver mais je serai content aussi de repartir. Le bateau et l’équipage ont la capacité de battre ce record. Pour moi, ce n’est que partie remise et je repartirai pour un tour avec grand plaisir. »
 

Christophe Espagnon 
Barreur-équipier d’avant, 1er tour du monde 

« On est encore dans l’excitation de la course et de l’arrivée. Pour moi, c’est un premier tour du monde bouclé, une première expérience de colocation en espace restreint. C’était sympa ! Au bout de 2- 3 semaines, on entre dans le vif du sujet. Il y a des moments durs mais c’était vraiment agréable pour moi. On a passé des endroits mythiques, c’était important de les voir. C’était long, mais il n’y a pas eu de lassitude car on a eu beaucoup de changements de situations. Passer du catamaran de sport au maxi-trimaran au large ne m’a pas dérangé. Ça reste du vent et de la mer et ce bateau est parfait pour le large. J’ai envie d’y retourner, ne serait-ce que pour voir les belles et longues houles qu’on n’a pas eues. »
 

Jacques Guichard 
Barreur-régleur, 1er tour du monde  

« Je suis content de mes voiles (il est maître voilier pour North Sails) ! Nous avons beaucoup manœuvré donc j’ai croisé les doigts pendant 47 jours, mais on n’a eu aucun souci. Je n’avais jamais navigué si longtemps. C’était assez long quand même mais c’est une expérience à renouveler. C’était une belle aventure, un rêve de gamin, même si j’attendais le record et que je suis donc forcément déçu. Malgré le peu de vent, on a eu de beaux moments à barrer ce bateau. Et l’image du cap Horn. Pour tout marin, c’est un peu comme l’Himalaya, tous les grands y sont passés. Et avec de l’avance sur Banque Populaire V en plus. On repartira l’hiver prochain ! »
 

Erwan Israël
Navigateur, 2ème tour du monde

« C’est passé très vite, seulement deux jours trop long… Le temps a commencé à passer plus lentement quand on a su qu’on ne battrait pas le record. Mon poste n’était pas simple, on a eu beaucoup de frustrations à tenter des options qu’on pensait payantes pour finalement finir dans la molle. On a attaqué fort par moments afin de forcer le jeu, mais on a toujours buté sur les systèmes météo. La remontée de l’Atlantique a été difficile car Banque Populaire V avait eu une super météo quand on a eu des conditions plus classiques. Mais je suis globalement content, surtout de mon binôme avec Yann (Guichard) et l’alchimie avec Jean-Yves (Bernot) de qui j’ai beaucoup appris. C’est un tout autre sport que la Volvo Ocean Race ! Ça n’a rien à voir, il n’y a qu’en remontant le long du Brésil, au près, que ça tapait. Le bateau est exceptionnel, il va vite tout en assurant un certain confort, même si son poids fait qu’il faut toujours être dessus. Je me souviendrai du passage du cap Horn et de la journée qui a suivi. Je pense qu’en équipage, ce ne sont pas les mêmes émotions que pour un gars tout seul du Vendée Globe, qui en a bavé pendant des semaines. On a retrouvé les animaux marins, les avions qui nous survolaient, la terre… On a retrouvé la vie d’un coup ! »


© Eloi Stichelbaut / Spindrift racing

Loïc Le Mignon
Chef de quart, 5ème tour du monde

 « J’ai été appelé en dernière minute, j’ai pris le train en route, il a fallu s’adapter assez vite à l’équipage et au bateau. On s’est assez vite rendu compte du potentiel du bateau quand on a battu le temps Ouessant-équateur. Mais après, on a buté dans tous les systèmes qu’on trouvait donc il a fallu se résoudre à subir plutôt qu’à faire les routes qu’on voulait. Tout le grand Sud a été compliqué, à chercher les bonnes routes, en allant dans le Sud, dans le froid, les vagues… Et du cap Horn à la remontée on a eu une mer croisée, assez pénible, on n’a même pas pu accélérer un peu. C’est un tour du monde assez frustrant mais on est satisfait car on a fait ce qu’on pouvait. L’équipage a bien marché. Les jeunes étaient plutôt habitués à faire avancer vite le bateau, à le régler tout le temps alors que nous, on a l’habitude de faire des tours du monde donc c’est plutôt sur la longueur qu’on fait le job. Mais on a trouvé un terrain d‘entente. C’était sympa de passer les îles en ayant des documents qu’Erwan avait préparés. D’habitude on passe là, on voit un caillou et puis c’est tout. Là il y avait toute la documentation, combien de personnes habitaient là, ce qu’ils y faisaient… Ça change un peu. »
 

Sébastien Marsset
Équipier d’avant, 3ème tour du monde

 « Bien qu’on ne décroche pas le chrono, c’était un beau challenge que je suis content d’avoir relevé avec Spindrift. Là, en mer, je me sens en forme mais je sais qu’une fois à terre, on va ressentir que l’on a passé 47 jours en mer. Le cap Horn a été forcément un moment top et tu réalises que cet endroit n’est pas donné à tout le monde. Au niveau voile, j’ai vraiment été impressionné par le bateau. Sur la fin de la descente de l’Atlantique, on a fait des nuits sous gennaker, au reaching avec des vitesses moyennes aux alentours des 40 nœuds sur de la mer plate. J’ai vraiment trouvé ça exceptionnel. À l’avant du bateau, on sait qu’il faut faire attention tout le temps et le piège, c’est la fatigue. Dans ces moments où tu as été sollicité par la vie du bateau, par les manœuvres ou un peu de bricolage, il faut redoubler d’attention. Pour soi, mais aussi pour les autres parce que c’est à ces moments-là que l’on peut se faire mal. »
 

François Morvan
Barreur-régleur, 1er tour du monde  

« Content d’arriver, d’avoir bouclé ce tour du monde. On va revoir la famille, les amis… À la fin c‘était un peu long, à partir du moment où on a su qu’on ne battrait plus le record. Mais le bateau est agréable, l’équipage est agréable… Ce n’était pas un calvaire non plus ! L’équipage a bien fonctionné, c’était sympa. Avec Antoine c’était fabuleux, c’était magique, on a toujours pris soin l’un de l’autre, il a été incroyable dans tout ce qui a été réparation. C’est vraiment l’homme clé du record pour moi, c’était un super moment passé avec lui, toujours en forme, souriant, bon esprit… C’était génial de passer ces 47 jours avec lui. Je connaissais déjà bien le bateau, j’ai fait 4 transat avec, c’est un bateau agréable à barrer, qui va vite mais il faut quand même s’impliquer à la barre pour le faire avancer. Il faut trouver les bons réglages, le bon angle de barre. Les moments devant le front avant l’entrée dans l’océan Indien, sur une mer plate, à 32 nœuds sur le bateau qui glissait tout seul, c’était un bon moment. »
 

Xavier Revil
Chef de quart, 2ème tour du monde, détenteur depuis 2012  

« Tout s’est bien passé, au niveau de l’avitaillement aussi, même si je ne suis pas le plus objectif pour en parler, vu que c’est moi qui m’en occupais. Mais personne n’a perdu de poids ! Le bateau a été modifié par Spindrift racing, il a beaucoup progressé, il est plus nerveux car plus léger. Ça lui a donné des ailes dans le petit temps. Et qu’est ce qu’on en a eu du petit temps ! Trop, à notre goût. Mais c’était plaisant de pouvoir naviguer aussi vite avec moins de toile, ça permet de soulager un peu la machine. Le passage du cap Horn restera mon moment fort de ce tour du monde. On l’a vu, on est passé tout près. C’est un caillou mythique, le paysage sous le soleil était impressionnant, on voyait même des glaciers qui venaient presque lécher la mer. On n’a pas vu de glace par contre, contrairement à il y a quatre ans. Mais ce n’était pas plus mal, ça ne nous a pas manqué ! »
 

Yann Riou 
Médiaman, 3ème tour du monde 

« Ça va être difficile de résumer 47 jours de mer ! En tous cas, c’était plein de moments forts et pour moi, faire le tour du monde, c’était une première… Et de passer autant de temps en mer et de faire autant de milles, surtout ! Ce sont essentiellement de bons souvenirs, même s’il y a un goût de déception de ne pas avoir battu le record. Nous avons vécu une superbe aventure : l’image qui me reste gravée, il y a bien sûr celles (au pluriel) du cap Horn parce que ce n’était pas facile, du moins pour celles prises par le drone. C’était un moment très fort de la course, et je crois pour tout l’équipage parce que le paysage était magnifique et les conditions superbes. Je suis très heureux parce que l’équipage a été top de bout en bout : il n’y a pas eu un mot plus haut que l’autre et humainement, bien qu’il y avait des marins que je connaissais peu, c’était très enrichissant. Mais 47 jours en mer, c’est long surtout sur la fin quand nous avons su que le Trophée Jules Verne n’était plus prenable… »
 

Thomas Rouxel
Barreur, équipier d‘avant, 2ème tour du monde 

« Content d’arriver parce que c’est quand même un peu long, mais très content de l’avoir fait sur ce bateau-là et ce projet-là. Le bateau est vraiment exceptionnel, je me suis régalé à chaque fois que je suis allé barrer et l’équipe était top, on s’est vraiment bien marré. La majorité de l’équipe se connaissait déjà bien, avec qui on avait déjà pas mal navigué. Seb (Audigane) et Loïc nous ont rejoint plus tardivement mais ils se sont très vite intégrés et adaptés au reste de l’équipe qui avait l’habitude de fonctionner ensemble. Et on a aussi bénéficié de l’expérience de ces deux papys (rires). C’était vraiment cool. C’était plus long que la Volvo car on ne passe jamais plus de 25 jours en mer. Là, 47 c’est un peu plus long mais le bateau va plus vite, on change de phénomènes météo, de terrains de jeu assez régulièrement, ce qui permet de pas mal nous occuper, mais les moments où on n’avait pas beaucoup de vent et qu’on prenait un peu de retard sur les routages… C’est un peu long. On a eu des conditions superbes pour le cap Horn, on est passé juste à côté. Pouvoir profiter comme ça de ce caillou mythique c’était dingue. Tu peux faire cinq tours du monde et ne jamais le voir, là on est passé juste à côté, c’était super beau, on a eu le temps d’en profiter et de le regarder. C’était vraiment cool. »


© Thierry Martinez / Spindrift racing

21:00 GMT

VIDÉO - Arrivée à Ouessant

15:01 GMT

Les marins de Spindrift 2 ont franchi la ligne à Ouessant

Le trimaran skippé par Yann Guichard boucle son premier Trophée Jules Verne, réalisant le deuxième temps de l’histoire et Dona Bertarelli devient la navigatrice la plus rapide autour du monde.

 À retenir : 

- Premier tour du monde terminé pour Spindrift racing
- Spindrift 2 a passé la ligne à 16h 01’ (heure française) après 47j 10h 59’ 02’’ de mer
- Arrivée du trimaran à La Trinité-sur-Mer prévue autour de 22 heures (HF)
- Liaison vidéo live avec l’équipage à suivre sur le port à partir de 17h30 (HF)
 
L’équipage a franchi la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne à Ouessant ce vendredi à 16h 01’ (heure française), après 47 jours 10 heures 59 minutes 02 secondes. Après près de 29 000 milles parcourus (près de 54 000 kilomètres) à une moyenne de 25,35 nœuds sur l’eau, Spindrift 2 boucle ainsi son premier tour du monde en accrochant le deuxième meilleur temps de l’histoire. L’équipage mené par Yann Guichard n’a pas battu cette fois-ci le chrono de Loïck Peyron (retard de 1j 21h 16’ 09’’) dont le record de 45 jours 13 heures 42 minutes reste à prendre… En revanche, il a été plus rapide que celui de Franck Cammas en 2010 avec 20 heures 45 minutes 50 secondes de mieux sur ce parcours toujours aussi exigeant. Durant son périple à haute vitesse, le trimaran noir et or a également amélioré trois temps de référence (Ouessant-équateur, Ouessant-Tasmanie, Ouessant-cap Horn) et détenu quelques heures durant, le record de la traversée de l’océan Indien. Seule femme avec treize hommes sur cette tentative et première à terminer un Trophée Jules Verne, Dona Bertarelli est désormais la navigatrice la plus rapide autour du monde à la voile. 
 
L’équipage fait route vers son port d’attache et sa base de La Trinité-sur-Mer qu’il devrait atteindre vers 22 heures (heure française) ce vendredi soir, où le public et notamment les scolaires qui ont partagé l’aventure ainsi que les familles, partenaires, amis, supporters et membres du team de cette jeune écurie Spindrift racing, qui ont préparé sur le port un accueil chaleureux. Après l’arrivée du trimaran, les marins partageront avec plaisir un verre et des huîtres avec le public.

Parties dans la nuit noire le 22 novembre 2015, c’est donc ce 8 janvier 2016 dans l’après-midi, juste avant le coucher du soleil, que les trois étraves de Spindrift 2 ont émergé de la grande houle atlantique avec à son bord Dona Bertarelli, Yann Guichard, Sébastien Audigane, Antoine Carraz, Thierry Duprey du Vorsent, Christophe Espagnon, Jacques Guichard, Erwan Israël, Loïc Le Mignon, Sébastien Marsset, François Morvan, Xavier Revil, Yann Riou et Thomas Rouxel.

Yann Guichard, skipper : « Le passage au Sud du cap de Bonne-Espérance a été un des moments parmi les plus importants pour moi, mais là, cette arrivée devant Ouessant, c’est aussi un soulagement. Pas une délivrance parce que je n’ai pas été prisonnier et j’ai pris beaucoup de plaisir sur ce tour du monde, mais il est temps que je fasse une petite pause. Bien sûr, il y a eu un peu de stress, mais c’est aussi mon rôle de l’assumer. 

« J’ai vraiment envie d’y retourner » 

Ce Trophée Jules Verne, c’est la série des premières pour moi ! Autour du monde, au passage des trois caps, avec autant de jours au compteur… Et j’ai vraiment envie d’y retourner. Le bateau est parfaitement adapté à ce programme : il faudra juste que la météo soit avec nous. Et puis les mers du Sud, c’est magique ! Même si l’Indien a été plutôt gris. Et dans le Pacifique, nous avons eu le droit à des lumières sublimes quand nous sommes descendus presque jusqu’au 60° Sud… Mais je retiendrai plus tous ces oiseaux, albatros, pétrels, fulmars, damiers du Cap qui nous suivaient en permanence !

Ma plus grosse angoisse, c’est lorsque nous avons touché un objet non identifié avec le foil : j’ai cru qu’on aller devoir abandonner. Je suis content qu’on en finisse parce que depuis le cap Horn, et au-delà du record, cette remontée de l’Atlantique a été sévère pour le bateau comme pour l’équipage. »

 

Dona Bertarelli, barreur-régleur : « Cette remontée de l’Atlantique a été longue, laborieuse, et j’avais l’impression que le temps n’avançait plus ! Heureusement hier, on sentait l’arrivée depuis que nous avons passé la barrière symbolique des 500 milles de Ouessant : c’était un moment émouvant et je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit parce que l’émotion était palpable et l’adrénaline aussi. Boucler ce tour du monde m’a permis d’atteindre les objectifs que je m’étais fixés personnellement même si nous n’avons pas pu battre le record du Trophée Jules Verne. Je n’ai pas de regret parce que l’essentiel était de revenir à Ouessant le plus vite possible et nous avons tout fait pour cela.

« Un moment émouvant » 

J’ai très bien vécu ce voyage car on se connaît tous très bien et chacun a respecté le caractère des autres. C’était très agréable parce que c’est une équipe de véritables amis. Mais cela tient aussi au fait d’avoir pu, d’une certaine manière, exorciser mes appréhensions, mes craintes de plonger dans le Grand Sud ou d’être loin de tout. Au travers de mes écrits, des articles destinés aux classes de France et de Suisse, en continuant à communiquer avec la terre et à échanger, je ne me suis jamais sentie isolée, seule dans cette aventure. »

Une première ensemble 

L’équipage a su maîtriser un voyage au bout de la mer pendant plus d’un mois et demi accumulant l’incroyable expérience d’un tour du monde. Reste que les optimisations effectuées l’hiver précédent ont porté leurs fruits : avec son gréement légèrement plus court mais nettement plus léger et aérodynamiquement plus efficace, Spindrift 2 a gagné en sécurité dans la brise et en aisance dans les vents modérés sans perdre, pour autant, ses qualités dans les petits airs. Mais les trois fronts orageux et dorsales qui ont parsemé l’Atlantique Sud au large du Brésil, l’océan Indien après les Kerguelen et le Pacifique avant le cap Horn, ont eu raison des efforts et de la persévérance de l’équipage. Sans compter une remontée de l’Atlantique laborieuse pour cause de vents contraires à la latitude de l’Argentine et de l’Uruguay, puis d’un anticyclone des Açores peu coopératif entre les Canaries et la Floride. Toute l’équipe de Spindrift racing peut être fière du chemin parcouru et d’avoir réussi le challenge d’aller au bout du périple malgré les quelques avatars qui ont parsemé le chemin : partie basse du foil bâbord cassée suite à un choc avec un OFNI, contact qui a aussi entraîné une fissure dans le flotteur bâbord qui aurait pu coûter la tentative dès l’océan Indien ; faiblesse du mât (réparé en mer) au large de l’Uruguay. 

Temps de référence

Les quatorze marins auront glané trois temps de référence sur ce tour du monde ! Le premier en atteignant au départ de Ouessant la ligne équatoriale en 4 jours 21 heures 29 minutes, soit une moyenne hallucinante de 30,33 nœuds sur l’orthodromie (route la plus courte). Le deuxième entre Ouessant et le Sud de la Tasmanie symbolisant l’entrée dans l’océan Pacifique, en 20 jours 04 heures 37 minutes. Au passage, Spindrift 2 s’adjugeait éphémèrement le record de la traversée de l’océan Indien en 8 jours 04 heures 35 minutes, battu quelques heures plus tard par l’équipage d’IDEC Sport, parti aussi de Ouessant le 22 novembre. Enfin troisième temps de référence : Ouessant-cap Horn en 30 jours 04 heures 07 minutes, avec dix-huit heures et onze minutes d’avance sur le temps de Banque Populaire V.

Le temps au féminin

Ce tour du monde se conclut aussi par la consécration de Dona Bertarelli comme la première navigatrice à terminer un Trophée Jules Verne et la femme la plus rapide autour du globe à la voile ! Pendant ses quarts de stand-by, elle s’est également penchée sur l’environnement océanique d’un tour du monde pour partager ses émotions, ses découvertes, son journal de bord et échanger notamment avec les 2 000 élèves des écoles partenaires du programme Spindrift for Schools, en France et en Suisse, afin de leur faire mieux connaître ces zones maritimes ainsi que les espèces, souvent menacées qui y vivent. 

Le partage du temps

Et les milles parcourus sur les trois océans auront aussi engrangé bien des richesses personnelles. Un tour du monde n’est pas un périple innocent : subir les froidures australes, encaisser les chaleurs torrides équatoriales, affronter les embruns glacés qui frappent les visages à plus de 60 km/h, enchaîner les manœuvres dans les souffles évanescents et volages, s’inquiéter à l’approche des glaces dérivantes, vivre en huis clos à quatorze dans 20m3…

Les partenaires de Spindrift racing saluent les marins : 

« Mirabaud tient à féliciter l’équipage de Spindrift 2 qui a réalisé un tour du monde exceptionnel. Tous nos collaborateurs ont suivi ce Trophée Jules Verne avec passion, » déclare Antonio Palma, associé-gérant et CEO de Mirabaud & Cie SA

« Je félicite Dona, Yann et leur équipage pour avoir terminé avec succès leur tour du monde. Je salue leur courage et leur ténacité » de Fabio Cavalli, CEO et fondateur de Genes-x.

« Zenith est très fier d'être partenaire de Spindrift racing et d'avoir eu l'occasion de suivre cette aventure palpitante qui a vu l'établissement pour l'équipage de nouveaux records, » Aldo Magada, Président & CEO de Zenith.

 

JOUR 48

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