Out of the Classroom
Les Thons Rouges de l'Atlantique

 

 

Par  Dona Bertarelli

Je tiens à remercier toutes les écoles partenaires, en France comme en Suisse, et les quelques 2'000 élèves qui nous suivent. Autant que possible, je vais répondre à vos nombreuses questions tout au long de ce voyage autour du monde, où l’on va ensemble, découvrir les merveilles de notre monde.
Avec tout l'équipage de Spindrift 2 et au fil de nos observations, de nos rencontres avec la faune marine mais pas seulement, les îles et péninsules qui croiseront notre route, les phénomènes climatiques, les oiseaux et les étoiles qui nous accompagneront tout le long de notre route, nous vous ferons vivre l’aventure tel Phileas Fogg dans le livre de Jules Verne. 

 

 

« C’est bizarre qu’on n’ait pas encore vu de poissons volants ? » Je demande à Seb Audigane, à poste à l’écoute de chariot, prêt à choquer à tout moment si le vent rentre. Il me répond « ça ne va pas tarder. »

Je regarde la sonde indiquant la température de l’eau : 22 degrés. Trop chaud ou trop froid pour ces petits poissons munis d’ailes leur permettant de s’élancer sur le haut d’une vague et voler à ras de l’eau sur plusieurs centaines de mètres ?

Il est vrai que depuis notre départ nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux. « Nous n’avons même pas croisé un seul dauphin, alors que presque à chaque sortie d’entraînement avec Spindrift 2 nous en avons vus. »

« On va trop vite pour les dauphins, » me répond Seb, avant d’ajouter : « il n’y a que les thons rouges qui peuvent nager à nos vitesses. »

Seulement voilà, des thons rouges, il n’en reste pas beaucoup et les voir reste un fait rarissime. Ils font à présent partie des espèces en voie d’extinction et les protéger devrait être un devoir de chacun, comme ne plus en manger pour aider à la repopulation et permettre à nos petits enfants de pouvoir à leur tour en voir et peut-être aussi en manger à nouveau.

A ce rythme de consommation, il n’y en aura plus. Ce ne sera même pas possible d’en voir dans des aquariums car ce poisson migrateur parcourt des centaines de kilomètres et travers les océans à des vitesses de 80 km/heure.

Le mot « thon » vient du grecque thuno, qui veut dire « se précipiter. »

Le corps, en forme de torpille, donne de la vitesse et de l’endurance au thon rouge. Il peut même replier ses nageoires pour réduire la traînée, lui permettant de nager dans l’eau à des vitesses très élevées. Grand prédateur dans l’océan, il mange le hareng, le maquereau, le merlu, le calmar et les crustacés. Contrairement à la plupart des poissons, il a le sang chaud et peut réguler sa température pour que les muscles restent chauds pendant les traversées océaniques.

Le haut du corps, d’une magnifique couleur bleu métallique, et le côté inférieur argent et blanc, le camouflent aux deux côtés, ce qui le protège de ses principaux prédateurs : les épaulards et les requins.

Les thons rouges de l'Atlantique sont l'espèce la plus grande, 2 à 3 mètres en moyenne. Le plus grand jamais vu aurait été de 6 mètres ! C’est incroyable de penser qu’il puisse plonger à plus d’un kilomètre de profondeur.

Dans le sushi, c’est l’un des ingrédients le plus cher au monde. L’espèce est considérée "quasi menacée" sur la liste rouge de l’UICN*. Réfléchissons, donc, avant de l'acheter dans les marchés locaux. Il est certes moins beau que le dauphin mais ça vaut la peine de le protéger !

 *L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature